Solidarité africaine ou cache-misère ? : Le don de la CEDEAO - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Maimouna | Publié le 20/08/2026 05:08:00

Solidarité africaine ou cache-misère ? : Le don de la CEDEAO

La CEDEAO a annoncé le versement de 250 000 dollars au Ghana pour soutenir les victimes des récentes inondations, a déclaré dimanche le ministre ghanéen des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Suite de l’article : Les pluies du 29 juin ont frappé le Grand Accra et la région de la Volta, provoquant au moins 12 décès, plusieurs personnes portées disparues, et des dégâts matériels importants. La contribution est évaluée à environ 3 millions de cedis ghanéens.

Cette aide d’urgence arrive alors que les autorités font face à l’évacuation de milliers de sinistrés et à des besoins pressants en abri, nourriture et soins. Samuel Okudzeto Ablakwa a salué la décision, présentant le don comme une illustration de la « compassion africaine ».

Les services de secours ghanéens ont conduit des opérations d’évacuation dans les zones touchées, notamment à Accra, Tema et Keta, en mobilisant le Service national des incendies, la police maritime, l’Organisation nationale de gestion des catastrophes (NADMO) et les forces armées. Dans la seule région du Grand Accra, les autorités estiment que 7 761 ménages ont été affectés, ce qui représente environ 38 800 personnes touchées par les inondations. Dans la municipalité de Keta, des habitations se sont effondrées et des déplacements de population ont été signalés.

La somme annoncée par la CEDEAO doit être mise en perspective avec l’ampleur des besoins immédiats et avec l’absence apparente d’investissements structurels. Si l’on répartit 250 000 dollars sur les 38 800 personnes affectées, le montant équivaut à environ 6,44 dollars par personne; rapporté aux 7 761 ménages sinistrés, cela représente approximativement 32,19 dollars par foyer. Ces deux comparaisons soulignent la limite financière d’un soutien ponctuel face à des besoins de relogement, de réparation des habitations et de rétablissement des services essentiels.

L’analyse des facteurs exposant les communautés aux inondations met en évidence des éléments récurrents : urbanisation rapide, réseaux de drainage insuffisants, vulnérabilité des habitations en bord de lagune et gestion limitée des bassins versants. Les opérations d’urgence prennent en charge les victimes immédiates, mais elles ne remédient pas aux causes structurelles des submersions. Les travaux de drainage urbain, la réhabilitation des cours d’eau, les systèmes d’alerte précoce et la relocalisation de zones à risque exigent des financements durables et des plans pluriannuels.

Des chiffres et des faits illustrent cette tension entre l’aide ponctuelle et l’investissement durable. Les équipes de secours ont concentré leurs efforts sur l’évacuation et l’assistance humanitaire, une réponse coûteuse en ressources humaines et logistiques mais limitée dans le temps. La destruction d’habitations à Keta et les déplacements qui en découlent montrent que la reconstruction devra inclure des normes antisismiques et hydrauliques pour éviter des répétitions similaires lors de la prochaine saison des pluies.

À titre de comparaison, un programme de remise en état des infrastructures de drainage dans une grande municipalité exige des budgets mesurés en millions de dollars et des calendriers de plusieurs années; dans ce contexte, une aide unique de 250 000 dollars reste symbolique. De même, l’allocation par personne et par ménage calculée ci‑dessus rend explicite l’écart entre secours immédiats et mesures de prévention structurelles.

La situation au Ghana met en lumière une réalité factuelle : la solidarité régionale apporte un soulagement matériel et moral, mais elle ne compense pas le déficit d’investissements dans l’adaptation aux risques climatiques. Les autorités et les partenaires humanitaires disposent de données chiffrées sur les personnes touchées et sur les capacités mobilisées; ces éléments doivent guider des décisions budgétaires tournées vers la résilience à long terme, afin de réduire la répétition des catastrophes et la fragilité sociale des populations exposées.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Aicha D.
Mis en ligne : 20/08/2026

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top