Je ne peux pas rester indifférent face à l’annonce du retrait du Tchad de la Cour pénale internationale (CPI).
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Suite de l’article : Si le gouvernement tchadien dénonce une justice « à géométrie variable », cette décision me semble avant tout comme une tentative de se soustraire à ses responsabilités. Oui, la CPI a des défauts, mais abandonner cette institution, c’est tourner le dos aux victimes et valider l’impunité.
Le Tchad n’est pas le premier à quitter la CPI : le Niger, le Mali et le Burkina Faso l’ont précédé. Ces départs s’inscrivent dans une critique récurrente de la part des États africains, qui accusent la Cour de cibler disproportionnellement leur continent. Sur les 13 enquêtes ouvertes, neuf concernent des États africains, et six des sept personnes détenues le sont pour des situations africaines. Ces chiffres, brandis par Ndjamena, alimentent un sentiment d’injustice. Pourtant, je me demande : est-ce une raison suffisante pour renoncer à la seule juridiction capable de juger les crimes les plus graves ?
Le communiqué tchadien parle d’une « instrumentalisation politique » de la CPI. Mais en réalités, les enquêtes ouvertes en Afrique concernent des crimes réels : génocides, crimes contre l’humanité, crimes de guerre. Le problème n’est pas que la CPI se concentre sur l’Afrique, mais que les crimes commises ailleurs – en Syrie, au Yémen, ou même par des puissances comme les États-Unis ou Israël – ne font pas l’objet des mêmes poursuites. Plutôt que de fuir, ne faudrait-il pas exiger une véritable universalité de la justice internationale ?
Le retrait du Tchad intervient alors que le pays est accusé de soutenir le général Hemedti au Soudan, lui-même impliqué dans des violations graves des droits humains. Coïncidence ? Je ne le crois pas. En se retirant, Ndjamena envoie un signal inquiétant : les victimes des exactions commises sur son sol ou avec sa complicité risquent de ne jamais obtenir réparation. Pire, cette décision pourrait encourager d’autres États à suivre, affaiblissant encore une institution déjà fragilisée.
Les États-Unis, qui ne sont pas membres de la CPI, critiquent ouvertement son fonctionnement, tout en bénéficiant d’une impunité de fait pour leurs propres actions. Le Tchad, en imitant cette posture, ne fait que renforcer un système où les puissants échappent à la justice. La vraie question n’est pas de savoir si la CPI est parfaite, mais si son absence rendrait le monde plus juste. La réponse est clairement non.
Je le dis sans détour : le retrait du Tchad est une erreur. La CPI a besoin de réformes pour regagner en crédibilité, pas de désertions qui affaiblissent la lutte contre l’impunité. Les victimes, elles, n’ont pas le luxe de choisir leur justice. Si nous voulons une Cour plus équitable, travaillons à la rendre universelle, plutôt que de la saborder par peur des comptes à rendre. La justice ne doit pas être à géométrie variable, mais elle ne doit surtout pas devenir optionnelle.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 09/08/2026
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