L’affirmation du RDPC selon laquelle « il n’y a aucune vacance de pouvoir » alors que Paul Biya est absent depuis 45 jours me laisse pantois.
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Suite de l’article : Je ne peux m’empêcher de voir dans cette situation un mépris flagrant pour les principes les plus élémentaires de transparence et de responsabilité politique. Si le parti au pouvoir se réfugie derrière des arguments juridiques flous, l’opinion publique, elle, exige des réponses claires.
Depuis le 7 juin 2026, le président camerounais a quitté le pays pour un « court séjour privé en Europe ». Quarante-cinq jours plus tard, le silence persiste. Le RDPC, par la voix de Jacques Fame Ndongo, assure que Biya travaille à distance, qualifiant les interrogations sur la vacance du pouvoir de « barbarisme juridique ». Pourtant, l’opposition, comme le MRC de Maurice Kamto, parle d’« exil de fait » et dénonce un « télétravail clandestin ». Cette polémique dépasse la simple bataille politique : elle révèle une crise de confiance institutionnelle, où l’opacité l’emporte sur le droit des citoyens à l’information.
La Constitution camerounaise, dans son article 50, prévoit bien un mécanisme d’intérim en cas d’absence du président, mais elle reste muette sur la durée maximale de cette absence. Pire, la récente révision constitutionnelle réintroduisant le poste de vice-président seul habilité à saisir le Conseil constitutionnel en cas de vacance n’a toujours pas été appliquée : ce poste n’a pas été pourvu. Ainsi, en cas de vacance avérée, le Cameroun se retrouverait dans une impasse juridique, sans mécanisme clair pour constater et gérer la situation. Comment un pays peut-il se permettre une telle négligence institutionnelle ?
Premièrement, la transparence est bafouée. Un président absent depuis plus d’un mois sans explication officielle sur son état ou son lieu de séjour, c’est un déni de démocratie. Les citoyens ont le droit de savoir où se trouve leur chef de l’État et dans quel état de santé.
Deuxièmement, le vide juridique est alarmant. Aucune disposition ne définit ce qu’est une absence « trop longue ». L’UDC a raison de demander un encadrement légal précis, avec des délais et des procédures clairs. Comment accepter qu’un pays de droit se satisfasse d’une telle imprécision ?
Troisièmement, les comparaisons africaines sont édifiantes. En Algérie, Bouteflika a gouverné par procuration pendant des années, le pouvoir réel étant exercé dans l’ombre par les services secrets. Au Gabon, c’est le clan Bongo qui assurait la continuité. Ces exemples montrent que l’absence prolongée cache souvent des mécanismes opaques, voire des prises de pouvoir illégitimes.
Enfin, la crédibilité des institutions est en jeu. Comment croire en un système où le vice-président, prévu par la Constitution, n’est même pas nommé, alors que le président est absent depuis plus de 40 jours ?
L’Algérie de Bouteflika et le Gabon des Bongo ont montré les dangers d’une absence présidentielle prolongée sans cadre transparent. Dans ces pays, le pouvoir était exercé par des cercles restreints, souvent sans légitimité démocratique. Le Cameroun semble emboîter le pas, avec un président invisible et des institutions qui peinent à garantir la continuité de l’État de manière transparente.
Cette absence prolongée, ce flou juridique et ce manque de transparence sont inacceptables. Je le dis sans détour : le Cameroun mérite mieux. Il est temps d’encadrer strictement les absences présidentielles, de nommer le vice-président et de rétablir la confiance par une communication claire et régulière. La démocratie ne peut se contenter de « télétravail clandestin » ou de déclarations creuses. Les Camerounais méritent des réponses, pas des silences embarrassés. La transparence n’est pas une option, c’est une obligation.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 04/08/2026
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