La communication officielle sur les revenus pétroliers ressemble de plus en plus à une rhétorique conçue pour embrouiller plutôt que pour éclairer.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
suite de l’article : En réaffirmant des éléments techniques et contractuels sans livrer de comptes clairs et immédiats, l’État esquive la question centrale: combien le pays reçoit-il réellement, en liquidités et en bénéfices réels, après récupération des coûts et prélèvements divers ? Cette position critique affirme que le discours public sert à gagner du temps et à calmer les inquiétudes plutôt qu’à rendre des comptes précis.
Les chiffres disponibles ne suffisent pas à rassurer quand ils sont présentés sans pédagogie citoyenne. La production du champ de Sangomar au premier trimestre 2026 a atteint 8 963 359 barils pour une valeur brute estimée à 759,2 millions de dollars, et l’État a reçu 437 839 barils, évalués à environ 37,1 millions de dollars. Ces éléments sont utiles, mais la manière dont ils sont communiqués crée une impression d’opacité. Le recours systématique aux notions contractuelles, comme la récupération des coûts et le “profit oil”, masque la réalité quotidienne: les citoyens veulent savoir ce qui entre dans les coffres publics et comment ces ressources sont converties en services.
L’argument officiel selon lequel une part de la production sert à rembourser des investissements fait sens sur le principe, mais il devient suspect quand il est invoqué pour repousser des demandes de transparence. Les coûts admissibles peuvent être larges et difficiles à vérifier pour des observateurs non spécialistes. La déclaration selon laquelle la part temporaire des partenaires résulte d’un remboursement accéléré de dépenses avant la décision finale d’investissement sonne comme une excuse pour éviter des bilans détaillés et publics. La présence d’une participation directe de PETROSEN de 18 pour cent et la perception d’impôts et de taxes ne suffisent pas à compenser l’absence d’états financiers clairs et agrégés.
Plusieurs mécanismes permettent d’exiger des comptes: la publication des volumes vendus, des recettes encaissées en devises, des coûts récupérés et des impôts réellement payés. Sans ces informations, les chiffres bruts deviennent une musique savante qui endort l’opinion. Comparer la pratique à celle d’autres projets en Afrique de l’Ouest montre que la transparence n’est pas impossible, et comparer la situation à des standards internationaux révèle le retard accumulé. Les promesses de disponibilité par les canaux officiels ne remplacent pas la mise en ligne immédiate de rapports vérifiables.
Les risques politiques et économiques sont concrets. Une communication floue nourrit les rumeurs et la défiance, elle fragilise la légitimité des institutions et elle empêche un débat public éclairé sur l’utilisation des revenus. Lorsque la réponse publique se contente de rappeler des principes contractuels sans publier des tableaux chiffrés simples, la lecture citoyenne devient la seule alternative, et elle se nourrit d’exagérations ou d’erreurs.
La critique reste ferme: l’État doit cesser d’employer le jargon comme écran de fumée et livrer des comptes transparents et datés. Les citoyens exigent des chiffres nets, présentés en monnaie nationale et en devises, avec l’identification des recettes fiscales et des coûts récupérés. Tant que ces éléments ne seront pas accessibles, toute déclaration officielle restera suspecte et renforcera l’impression d’un traitement des richesses publiques à huis clos.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Coumba B.
Mis en ligne : 19/08/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.




