L’article publié ce 19 août 2026, révélant les accusations d’Aminata Touré contre Ousmane Sonko sur l’utilisation des 1,7 milliard de francs CFA de fonds politiques de la Primature, m’a profondément interpellé.
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Suite de l’article : Je ne peux que m’indigner face à cette opacité persistante dans la gestion de l’argent public. Si les explications de Sonko se veulent rassurantes, elles soulèvent une question lancinante : où est passée la transparence ?
Au Sénégal, les « fonds politiques » ou « caisses noires » sont une anomalie démocratique. Historiquement destinés à des dépenses sensibles (comme la paix en Casamance), ils échappent à tout contrôle strict. Comme le souligne Maguette Diop, chercheur à l’UCAD, ces fonds, initialement liés à la sécurité, ont été détournés de leur finalité sans cadre juridique clair. Pire, leur gestion relève souvent du bon vouloir des dirigeants, sans compte rendu aux citoyens. Un comble pour un pays qui se targue d’être une démocratie exemplaire en Afrique de l’Ouest.
Ousmane Sonko affirme avoir utilisé ces fonds pour des véhicules administratifs ou la rénovation du Building de la Primature. Mais comme le rappelle Aminata Touré : « Qu’a le building à voir avec la paix en Casamance ? » Rien. Et c’est bien là le problème. Les 940 millions pour des véhicules, les 300 millions pour des travaux… Où sont les preuves que ces dépenses étaient prioritaires ? Où est la traçabilité des 1,7 milliard annuels ?
Sonko se défend en évoquant des « paiements traçables » plutôt que des retraits en espèces. Soit. Mais la traçabilité ne suffit pas : il faut aussi la légitimité. Or, détournement d’objectif il y a, quand des fonds dédiés à la paix servent à acheter des 4×4.
Je ne remets pas en cause l’intégrité personnelle de Sonko. Mais je condamne un système où un Premier ministre peut disposer de sommes colossales sans rendre de comptes détaillés.
Comme le souligne Mamadou Abdoulaye Sow, « le débat persiste car il n’existe aucun texte encadrant ces dépenses ». Comment accepter que des milliards échappent à toute régulation ?
En Afrique, les détournements de fonds publics sont légion. Transparency International documente des cas où des millions destinés à des hôpitaux ou écoles finissent en biens immobiliers de luxe à l’étranger. Le Sénégal doit-il suivre cette voie ?
Sonko lui-même a clamé : « Aucun centime ne doit échapper au contrôle ». Pourtant, il propose une commission assermentée mais non publique pour ces fonds. Une contradiction criante : on ne peut à la fois exiger la transparence et cacher des dépenses sous prétexte de sécurité.
Au Ghana ou au Cap-Vert, les fonds spéciaux sont audités par des organes indépendants. En France, la Cour des comptes peut investiguer les dépenses de Matignon. Pourquoi le Sénégal, souvent cité en exemple, recule-t-il sur ce point ? La réponse est simple : par manque de volonté politique. Comme le note Babacar Ba, « il est essentiel de savoir si des textes encadrent ces fonds ». Or, aujourd’hui, personne ne sait.
Je le dis sans détour : cette polémique n’est pas une querelle entre Sonko et Touré. C’est un symptôme d’un système malade, où l’argent public est géré comme une cagnotte privée. Les Sénégalais méritent mieux que des promesses floues ou des commissions opaques.
La solution ?
Trois mesures urgentes : Un cadre juridique strict pour les fonds politiques, avec des objectifs clairement définis. Un audit indépendant (Cour des comptes, société civile) sur leur utilisation passée. La fin des justifications bancales : si un fond est public, son usage doit l’être aussi.
La démocratie ne se mesure pas aux discours. Elle se juge aux actes. Et aujourd’hui, le Sénégal échoue sur ce point. À quand un vrai changement ?
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 01/09/2026
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