Je vais le dire avec respect, mais aussi avec une certaine lassitude : est-ce qu’un jour nous pourrons nous réveiller au Sénégal sans encore entendre parler d’Ousmane Sonko ? Depuis plusieurs mois, son nom revient presque systématiquement dans les débats politiques, les polémiques et désormais les interrogations autour des fonds de la Primature.
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Suite de l’article : Cette fois, l’affaire porte sur des milliards de francs CFA et sur les déclarations contradictoires de plusieurs responsables. Pour ma part, je considère que cette situation devient préoccupante. Non pas parce qu’il faudrait condamner quelqu’un sans preuve, mais parce que les Sénégalais ont besoin de clarté plutôt que d’une succession interminable d’accusations et de démentis.
L’article consacré à l’ancien DAGE de la Primature, Macodou Sène, apporte justement un nouvel élément au débat. Celui-ci affirme n’avoir jamais géré de fonds spéciaux ni de fonds dépourvus de justificatifs. Il conteste également avoir été interpellé par Ousmane Sonko sur cette question. Ces déclarations ne prouvent évidemment ni la disparition de milliards ni l’absence totale de problème. Elles montrent simplement que le dossier mérite d’être documenté avec précision.
Le contexte rend pourtant ces interrogations difficiles à ignorer. En mai 2026, Ousmane Sonko avait lui-même déclaré à l’Assemblée nationale que les fonds politiques devaient être davantage encadrés et contrôlés. Il avait également indiqué que les crédits affectés à la Primature comprenaient une enveloppe de 1,77 milliard de FCFA.
C’est précisément là que je trouve le débat actuel frustrant. Nous entendons parler de milliards, de fonds politiques, de rallonges éventuelles et maintenant de plusieurs responsables qui ne donnent pas nécessairement la même lecture des faits. Fin juillet, des déclarations attribuées au ministre Abdourahmane Diouf ont relancé la controverse sur une enveloppe de 1,77 milliard de FCFA et sur une éventuelle demande de ressources supplémentaires.
Je ne veux pas transformer ces déclarations en condamnation politique. Ce serait injuste et contraire à l’exigence de sérieux que nous devons avoir lorsqu’il s’agit d’argent public. Mais je refuse également de considérer que les citoyens doivent simplement écouter, commenter puis passer à autre chose.
Ma première exigence est donc simple : les chiffres doivent être clarifiés. S’agit-il de 3 milliards ? De 1,77 milliard ? D’une dotation annuelle, trimestrielle ou d’une autre enveloppe ? Qui avait la responsabilité administrative de ces ressources ? Quelles dépenses ont été effectuées ? Quels justificatifs existent ? Voilà les vraies questions.
La Cour suprême a d’ailleurs été saisie en 2026 dans une procédure concernant la communication des montants des fonds politiques attribués au président de la République et au Premier ministre. La requête a été déclarée irrecevable pour des raisons procédurales, notamment l’absence de saisine préalable de la Commission nationale d’Accès à l’Information. Cela montre surtout qu’il existe une demande réelle de transparence autour de ces ressources.
Je pense aussi que le Sénégal peut regarder ce qui se fait ailleurs. En Afrique du Sud, par exemple, le financement politique est encadré par la loi et certaines donations doivent être déclarées à la Commission électorale, avec des obligations de traçabilité et de publication. Nous ne devons pas forcément copier ce modèle, mais nous pouvons nous inspirer de son principe : lorsque l’argent public ou politique est en jeu, les règles doivent être suffisamment claires pour éviter que les citoyens ne soient condamnés à deviner.
Au fond, mon problème n’est donc pas uniquement Sonko. C’est justement le contraire. Je ne veux plus que chaque controverse nationale soit ramenée à sa personne. Je veux que les institutions fonctionnent, que les documents parlent et que les responsabilités soient établies indépendamment des appartenances politiques.
Si des accusations sont fausses, qu’on produise les preuves permettant de les réfuter. Si des erreurs ont été commises, qu’on les reconnaisse. Et si des fonds ont été mal utilisés, que les responsabilités soient établies.
Je crois que les Sénégalais méritent mieux qu’une politique faite de polémiques permanentes. Nous avons besoin de résultats, de transparence et de sérénité. Je le dis donc sans agressivité, mais avec fermeté : j’aimerais vraiment qu’un matin, au Sénégal, nous puissions nous réveiller sans encore entendre parler de Sonko dans une nouvelle controverse. Ce jour-là, ce ne sera pas seulement Sonko qui aura gagné en tranquillité. Ce sera surtout notre démocratie qui aura gagné en maturité.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 30/08/2026
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