Banques ou hôpitaux : Où doit aller l’argent du contribuable ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Eva | Publié le 06/09/2026 09:09:00

Banques ou hôpitaux : Où doit aller l’argent du contribuable ?

Je refuse de fermer les yeux quand l’État place des capitaux publics dans douze banques plutôt que dans les cliniques, les écoles ou les transports scolaires.

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Suite de l’article : C’est une mauvaise décision politique et morale. Je pense que ces choix traduites une fuite de responsabilité : au lieu d’investir dans les droits fondamentaux des citoyens, on immobilise de l’argent dans des comptes qui servent surtout à renforcer des bilans privés ou à nourrir des logiques de pouvoir financier. Je suis en colère, et je l’écris.

L’État détient des participations qui vont de parts marginales à des quasi-contrôles : la Banque nationale de développement économique à 88,4 pour cent, La Banque agricole à 80 pour cent, la BRM à 54 pour cent et des positions plus modestes comme 7,8 pour cent à la CBAO ou 5 pour cent au Crédit du Sénégal. Ces chiffres ne sont pas neutres. Ils signifient que des ressources considérables restent immobilisées dans le secteur bancaire alors que les besoins sociaux criants attendent des financements stables et publics.

J’analyse cette situation en termes de coût d’opportunité. L’argent public n’est pas élastique. Quand le trésor investit dans des banques, il renonce à consacrer ces mêmes ressources à des centres de santé, à des hôpitaux de proximité, à des formations d’enseignants, à des bourses pour les élèves démunis. Les rendements financiers attendus d’une participation bancaire ne compensent pas le rendement social d’une vaccination élargie, d’un professeur formé ou d’une salle de classe reconstruite. L’État devient actionnaire au détriment d’assuré social.

Je vois plusieurs raisons pour lesquelles cette stratégie est problématique. D’abord, la logique des banques n’est pas la logique des services publics ; le profit prime souvent sur l’intérêt collectif. Ensuite, la gouvernance des établissements où l’État est actionnaire peut créer des conflits d’intérêts et diluer la responsabilisation démocratique : qui répond quand une politique de crédit pénalise les plus pauvres ? Enfin, ces participations rendent le budget moins flexible : des dividendes irréguliers n’équivalent pas à des recettes fiscales stables destinées aux dépenses sociales.

Je ne demande pas une privatisation irréfléchie ni un retrait improvisé qui affaiblirait le système financier. Je réclame de la lucidité. Il faut rationnaliser ces participations, vendre ou réorienter les actifs non stratégiques, et réaffecter les ressources dégagées vers la santé, l’éducation et les services sociaux de base. Un enfant soigné aujourd’hui aura plus de valeur sociale qu’un dividende perçu demain.

Pour étayer mon propos, il suffit de regarder les impacts concrets : une maternité équipée, une campagne de vaccination ou un internat rénové transforment des vies immédiates et réduisent les coûts futurs pour la collectivité. La finance publique qui reste captive dans des banques prive les décideurs de cette marge de manœuvre essentielle. Chaque point de pourcentage immobilisé représente une opportunité manquée pour améliorer l’accès aux soins et à l’enseignement.

Je maintiens que la priorité doit être la dignité et l’avenir des citoyens. Garder des capitaux publics disséminés dans une douzaine d’établissements bancaires ressemble à une distraction coûteuse. Il est possible de concevoir une stratégie de sortie progressive, maîtrisée et transparente, qui protège le système financier tout en libérant des ressources pour l’essentiel.

Je conclurai sur une note volontaire : je veux un État qui investit là où la vie se construit, pas un État qui s’enferre dans des participations dont les retombées sociales sont faibles. Les choix budgétaires doivent refléter des priorités claires. Pour moi, la santé et l’éducation passent avant la consolidation de bilans bancaires.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 06/09/2026

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