Il y a des épreuves qui dépassent les mots. Des douleurs devant lesquelles même les discours les plus solides semblent s’effacer. La disparition, à quelques semaines d’intervalle, de deux enfants de Serigne Mountakha Mbacké fait partie de ces drames qui interpellent bien au-delà de la famille éplorée.
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Suite de l’article : Elle touche une communauté entière et pose une question essentielle : comment rester debout lorsque la vie nous arrache ceux que nous aimons le plus ?
Le 5 août dernier, la famille de Serigne Mountakha et la communauté mouride pleuraient Sokhna Amy Mbacké, affectueusement appelée Ma-Amy. Moins d’un mois plus tard, le 1er septembre, un autre deuil est venu assombrir la même famille. Serigne Ibrahima Mbacké, connu sous le nom de Serigne Lamp, a perdu la vie dans un accident de la circulation sur l’axe de Louga.
Deux enfants issus de la même mère, deux disparitions rapprochées, deux blessures qui auraient pu faire vaciller n’importe quel parent. Pourtant, le message de Serigne Mountakha Mbacké frappe par sa sobriété et sa profondeur.
Depuis sa retraite spirituelle, le khalife général des Mourides a choisi de ne pas s’attarder sur la douleur personnelle. Par l’intermédiaire de Serigne Abdou Latyf Mbacké, il a d’abord rendu grâce à Dieu. « C’est Lui qui me les avait donnés et c’est Lui qui les a repris », a-t-il déclaré, rappelant ainsi une vérité fondamentale de la foi musulmane : l’être humain ne possède rien définitivement.
À mes yeux, c’est précisément là que réside la force de son message. Serigne Mountakha ne nie pas la douleur. Il ne prétend pas que perdre deux enfants en si peu de temps est une épreuve facile. Il choisit simplement de placer cette souffrance dans une relation de confiance avec Dieu. Cette attitude ne signifie pas l’absence de tristesse. Elle traduit plutôt une manière de supporter l’insupportable en s’en remettant à Celui qui, dans la foi, demeure maître de toute chose.
Le patriarche ne souhaite pas que les fidèles se déplacent massivement pour lui présenter leurs condoléances. Il demande plutôt à chacun de prier depuis chez lui. Ce choix mérite d’être souligné dans une époque où les grandes cérémonies funéraires peuvent parfois devenir des rassemblements impressionnants, voire des démonstrations sociales.
Serigne Mountakha propose une autre voie : celle du recueillement, de la discrétion et de la prière. La cérémonie officielle est annoncée à Porokhane, au daara Darou Tanzil, lié au défunt Serigne Lamp et placé sous son ndigël.
Au-delà du deuil, ce message constitue donc une véritable leçon de spiritualité. Face à une épreuve qui aurait pu appeler la colère ou la révolte, Serigne Mountakha choisit la reconnaissance, la confiance et la prière.
Dans cette douleur immense, il rappelle finalement une chose simple : certaines épreuves ne peuvent être vaincues par les mots. Elles ne peuvent qu’être traversées par la foi.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 08/09/2026
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