Quand l'État improvise : La LFR 2026 mal coordonnée - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 23/09/2026 12:09:30

Quand l'État improvise : La LFR 2026 mal coordonnée

Il faut quand même appeler les choses par leur nom : ce qui vient de se passer autour de la Loi de finances rectificative 2026 n’est pas normal.

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Suite de l’article : Le gouvernement avait fixé une échéance. Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô avait demandé, en Conseil des ministres du 10 septembre, que le projet soit transmis à l’Assemblée nationale au plus tard le 15 septembre. Pourtant, il a fallu attendre le 18 septembre pour que le Parlement confirme officiellement la réception du texte.

Trois jours de retard. Trois jours seulement, diront certains. Mais lorsqu’il s’agit du budget de l’État, de finances publiques et d’un pays engagé dans un processus de redressement budgétaire, chaque délai compte.

Et surtout, ce qui dérange, ce n’est pas uniquement le retard. C’est la confusion qui l’a accompagné.

Le 18 septembre, Ousmane Sonko affirmait encore que l’Assemblée nationale n’avait reçu aucune notification du projet. Quelques heures plus tard, l’institution parlementaire annonçait que le texte avait finalement été réceptionné dans l’après-midi.

Alors, soyons sérieux : comment un projet aussi important peut-il circuler dans les couloirs de l’État avec autant de flottement ?

On parle ici de la Loi de finances rectificative, pas d’une note de service oubliée sur un bureau.

Le plus gênant est que cet épisode intervient dans un contexte où le Sénégal cherche justement à restaurer la crédibilité de sa gestion financière. Le gouvernement demande de la discipline, annonce des mesures de redressement et insiste sur la nécessité de mieux maîtriser les finances publiques. Très bien.

Mais la rigueur budgétaire commence aussi par la rigueur administrative.

On ne peut pas demander aux Sénégalais de respecter les règles, les délais et les sacrifices pendant que l’État donne lui-même l’impression de fonctionner avec des calendriers à géométrie variable.

Et cette affaire ne sort pas de nulle part.

Un premier décret, signé le 29 juin 2026, concernait déjà la présentation du projet de LFR. Le nouveau décret du 18 septembre, lui, abroge et remplace le précédent. Cette succession de procédures ne fait qu’alimenter les interrogations sur la manière dont le dossier a été géré.

Certes, le texte est finalement arrivé à l’Assemblée nationale. Mais faut-il systématiquement attendre la polémique pour que les choses avancent ?

Faut-il que le président de l’Assemblée parle publiquement pour que le document soit enfin transmis ?

C’est cette impression qu’il faut éviter.

Le Sénégal n’a pas besoin d’un feuilleton institutionnel supplémentaire. Les citoyens ont besoin d’un État qui fonctionne, d’un gouvernement qui maîtrise ses dossiers et d’institutions capables de travailler ensemble sans donner l’impression de se découvrir au dernier moment.

Et surtout, il ne faudrait pas que cette affaire soit réduite à une nouvelle bataille entre Ousmane Sonko et le gouvernement. Le véritable sujet dépasse les personnes.

Il s’agit de l’argent des Sénégalais.

La LFR doit maintenant être examinée par les députés. Ils devront regarder les chiffres, les recettes, les dépenses, les priorités et les conséquences concrètes des choix budgétaires. C’est là que le débat doit se concentrer.

Mais le gouvernement doit également tirer une leçon de cet épisode.

La prochaine échéance importante sera le projet de Loi de finances initiale pour 2027, dont l’examen en Conseil des ministres est annoncé d’ici la fin septembre. Après ce qui vient de se passer, personne ne devrait prendre cette échéance à la légère.

Un État sérieux ne fonctionne pas dans l’improvisation.

On ne peut pas proclamer la rupture, promettre une nouvelle gouvernance et, dans le même temps, laisser les procédures essentielles s’enliser dans des retards et des incompréhensions.

Les Sénégalais peuvent comprendre les difficultés. Ils peuvent accepter qu’un dossier prenne du temps lorsqu’une raison claire est donnée. Ce qu’ils comprennent beaucoup moins, c’est le silence, la confusion et les explications qui arrivent après la polémique.

Alors oui, le projet de LFR 2026 est enfin arrivé.

Mais la vraie question demeure : pourquoi a-t-il fallu attendre le 18 septembre alors que l’échéance gouvernementale était fixée au 15 ?

Cette question mérite une réponse claire.

Parce qu’en matière de finances publiques, la confiance ne se décrète pas. Elle se construit par la transparence, la précision et le respect des engagements annoncés.

Le Sénégal mérite mieux qu’un État qui réagit après coup.

Il faut maintenant passer des paroles aux actes. Et surtout, arrêter de donner le sentiment que le calendrier de l’État peut attendre que la polémique fasse son travail.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 23/09/2026

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