Le phénomène dépasse le Gabon : Un défi continental - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 25/09/2026 05:09:00

Le phénomène dépasse le Gabon : Un défi continental

L’affaire des « biens mal acquis » n’est pas une querelle de communication. C’est un dossier judiciaire qui touche à une question autrement plus grave : comment des patrimoines considérables ont-ils pu être constitués autour de familles ayant exercé le pouvoir, alors que leurs pays ont connu pauvreté, inégalités et difficultés sociales ?

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Suite de l’article : C’est précisément pour cette raison que la prise de parole publique d’Ali Bongo, le 19 septembre, mérite d’être regardée avec sérieux, mais aussi avec une certaine fermeté.

L’ancien président gabonais se défend publiquement alors que le parquet national financier français a demandé, fin juillet, le renvoi de plusieurs proches de sa famille devant le tribunal correctionnel de Paris. Ses explications relancent donc le débat, mais elles ne peuvent pas remplacer le travail des magistrats. Dans cette affaire, comme l’a rappelé Marc Ona, cinquième vice-président du Sénat gabonais, « ce sont les faits, rien que les faits » qui doivent être examinés.

Et c’est là que le coup de gueule s’impose. Pourquoi vouloir transformer un dossier judiciaire en bataille d’opinion ? Une vidéo, une déclaration ou une offensive médiatique ne fera disparaître ni les procédures ni les interrogations sur l’origine des patrimoines concernés. La justice doit pouvoir travailler sans être noyée dans les réactions politiques, familiales ou diplomatiques.

Car derrière les appartements, les voitures ou les comptes évoqués, il y a une question de confiance. Quand une population voit circuler des montants considérables autour de dirigeants, elle demande d’où vient cet argent et qui en a bénéficié. Cette exigence ne vise pas à condamner avant jugement ; elle rappelle qu’une fonction publique impose responsabilité devant les citoyens.

Cette affaire n’est d’ailleurs pas isolée. La justice française a déjà définitivement condamné, en 2021, Teodoro Nguema Obiang Mangue, vice-président de Guinée équatoriale, dans une affaire de biens mal acquis. Il avait été condamné à trois ans de prison avec sursis, à une amende de 30 millions d’euros et à la confiscation de ses biens saisis. En 2025, les autorités françaises ont encore engagé des démarches concernant des avoirs confisqués.

Le parallèle avec la famille Sassou-Nguesso au Congo montre également que le phénomène dépasse largement le Gabon. Depuis des années, des proches du président congolais sont concernés par des procédures françaises portant sur des patrimoines immobiliers et mobiliers. Le sujet est donc continental, même si chaque dossier doit être jugé selon ses propres faits et preuves.

Il faut aussi éviter un autre piège : présenter cette affaire comme une guerre entre Libreville et Paris. La justice française examine des faits relevant de sa compétence ; cela ne signifie pas que les relations entre États doivent automatiquement se détériorer.

Au fond, les citoyens gabonais méritent mieux qu’un duel de déclarations. Ils méritent des réponses précises, des procédures transparentes et, surtout, que personne ne puisse confondre influence politique et vérité judiciaire. Si les accusations sont infondées, la justice devra l’établir. Si des infractions sont démontrées, elles devront être sanctionnées. Dans les deux cas, le meilleur service à rendre au Gabon reste le même : laisser les faits parler.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 25/09/2026

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