La rencontre entre Assimi Goïta et Vladimir Poutine au Kremlin ne relève pas d’une simple visite diplomatique. Elle confirme un choix stratégique de Bamako : faire de la Russie un partenaire central pour l’avenir du Mali.
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Suite de l’article : Mais derrière les poignées de main, les promesses de coopération et les déclarations d’amitié, une question mérite d’être posée : le Mali est-il en train de construire sa souveraineté ou simplement de changer de dépendance ?
Lors de leur entretien du vendredi 30 octobre, en marge du troisième Sommet Russie-Afrique, Vladimir Poutine a salué l’engagement personnel du président de la Transition malienne. Il a également annoncé le passage à 300 du nombre de bourses d’études accordées aux étudiants maliens pour l’année universitaire 2026-2027. Une annonce positive, certes, mais qui ne doit pas faire oublier les véritables urgences du pays.
Assimi Goïta, lui, voit grand. Énergie solaire, nucléaire civil, réseaux électriques, formation technique, transformation locale des ressources minières et transfert de technologies : Bamako veut élargir son partenariat avec Moscou. Sur le papier, les ambitions sont séduisantes. Le Mali a besoin d’électricité, d’emplois, d’industries et d’infrastructures. Mais encore faut-il que ces promesses se transforment en réalisations concrètes.
Le problème, c’est que la souveraineté ne se proclame pas devant les caméras du Kremlin. Elle se construit par la capacité d’un pays à produire, à former ses propres ingénieurs, à transformer ses richesses et à prendre des décisions sans dépendre systématiquement d’une puissance étrangère.
Sur le plan sécuritaire, Assimi Goïta a également salué l’engagement des forces partenaires russes, affirmant qu’elles se battent aux côtés des Maliens pour préserver l’intégrité territoriale. Pourtant, malgré ce rapprochement militaire, la menace terroriste demeure une préoccupation majeure. Le Mali doit donc pouvoir évaluer objectivement les résultats de cette coopération.
L’exemple du Niger et du Burkina Faso, également engagés dans un rapprochement avec Moscou, montre que plusieurs pays du Sahel cherchent aujourd’hui à diversifier leurs alliances après leurs ruptures avec certains partenaires occidentaux. Mais remplacer une influence par une autre ne suffit pas à garantir l’indépendance.
La Chine, de son côté, illustre une autre approche en Afrique, avec des investissements dans les infrastructures, les mines et l’énergie. Ces partenariats peuvent être utiles, mais ils posent eux aussi la question de la transparence, de l’endettement et du partage des bénéfices.
Assimi Goïta a raison de chercher des partenaires pour développer son pays. Mais attention à ne pas confondre amitié diplomatique et intérêt national. La Russie n’est pas une œuvre de charité, pas plus que les puissances occidentales ou asiatiques.
Les Maliens n’ont pas besoin de discours sur la souveraineté pour remplir leurs assiettes. Ils attendent de l’électricité, de la sécurité, des emplois et de meilleures conditions de vie. Au bout du compte, ce ne sont ni les sourires de Poutine ni les déclarations d’Assimi Goïta qui jugeront cette alliance, mais ses résultats sur le terrain.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 04/11/2026
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