Pourquoi les dirigeants africains semblent-ils si souvent incapables de laisser la place à une nouvelle génération ? Au Nigeria, Bola Ahmed Tinubu, âgé de 74 ans, a lancé sa campagne présidentielle dans l’État de Kaduna, avec une promesse de « nouvel espoir ».
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Suite de l’article : Mais derrière les slogans et les rassemblements populaires, une question mérite d’être posée : pourquoi cette obsession de rester au pouvoir, alors que les populations attendent des réponses concrètes à leurs difficultés quotidiennes ?
À Kaduna, le choix du terrain est stratégique. Battu dans cet État en 2023, Tinubu cherche à y renforcer son influence avant la présidentielle annoncée pour le 16 janvier. Il mise sur les réformes économiques de son gouvernement et promet la prospérité. Pourtant, les Nigérians confrontés à la faim, à la pauvreté et à l’insécurité ont besoin de bien davantage que des discours de campagne.
Le plus préoccupant est peut-être ce qui n’a pas été dit. Dans une région encore touchée par les attaques criminelles et les enlèvements, le président n’a pas abordé directement l’insécurité dans son intervention. Comment promettre un avenir meilleur sans placer la protection des citoyens au cœur du débat ? À quoi sert de remplir un stade si les populations continuent de craindre pour leur vie sur les routes et dans leurs villages ?
Le problème dépasse le Nigeria. Au Cameroun, Paul Biya, né en 1933, a longtemps incarné la continuité du pouvoir, au point de soulever des interrogations sur le renouvellement politique et la place accordée aux jeunes générations. En Ouganda, Yoweri Museveni dirige le pays depuis 1986. Ces trajectoires, malgré leurs différences, illustrent une réalité politique persistante en Afrique : le pouvoir peut devenir une position que l’on cherche à conserver plutôt qu’une responsabilité que l’on prépare à transmettre.
Pourquoi les mêmes figures reviennent-elles encore et encore ? Est-ce le manque de relève crédible, la faiblesse des institutions, les intérêts liés au pouvoir ou la difficulté des partis à organiser une véritable alternance ? Ces questions méritent des réponses sérieuses. L’âge, à lui seul, ne disqualifie personne. Ce qui doit compter, c’est le bilan, la transparence, la capacité à répondre aux urgences et le respect des règles démocratiques.
Les jeunes Africains ne demandent pas simplement des visages plus jeunes sur les affiches. Ils veulent des emplois, une éducation de qualité, des perspectives économiques et des dirigeants capables de rendre des comptes. Le Nigeria, première économie d’Afrique par sa population, ne peut réduire son avenir à une bataille entre figures politiques déjà bien installées.
La politique ne devrait pas être une propriété privée. Elle est un mandat confié par les citoyens. Si Tinubu veut convaincre les Nigérians, il devra démontrer que ses promesses se traduisent dans leur quotidien. Car un stade rempli ne signifie pas nécessairement une population satisfaite. Et le véritable « nouvel espoir » de l’Afrique ne viendra pas de slogans répétés, mais d’institutions solides, d’une alternance possible et de résultats mesurables.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 28/10/2026
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