Les autorités rebelles de l’État régional du Tigré ont déclaré jeudi être en « guerre totale » contre le gouvernement fédéral d’Éthiopie dirigé par le Premier ministre Abiy Ahmed, alors que des combats se déroulent dans le nord du pays, en Afar et en Amhara.
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Suite de l’article : Le vice-président du TPLF, Amanuel Assefa, a affirmé que les troupes tigréennes ont pris mercredi le contrôle des trois aéroports du Tigré. Des frappes de drones ont visé la région depuis début août.
Cette reprise des hostilités intervient moins de quatre ans après la signature de l’accord de Pretoria qui avait mis fin au conflit 2020–2022; l’Union africaine avait estimé les pertes à au moins 600 000 personnes pendant cette période. L’Union africaine et l’Union européenne ont demandé une « désescalade immédiate » face aux combats et aux déplacements de population.
Les faits documentés montrent une situation militaire et politique complexe. Des groupes armés alliés au TPLF ont mené des opérations en Afar et en Amhara, et des localités comme Yalo ont subi des tirs d’armes lourdes avec des blessés et des déplacés signalés. Des affrontements ont été observés près de Lalibela, où les vols civils sont suspendus, ce qui affecte l’accès à une zone inscrite au patrimoine mondial. L’armée fédérale a annoncé la mort de 272 combattants rebelles depuis le début des affrontements cette semaine; cette statistique n’a pas été vérifiée indépendamment. Sept formations hostiles au gouvernement, dont des milices amhara et l’Armée de libération oromo, ont annoncé une alliance visant à « renverser » l’exécutif et ont promis des contre-offensives généralisées.
La chaîne logistique d’Addis Abeba apparaît sous tension. Des mouvements vers Waldiya et la coupure potentielle d’axes reliant la capitale au port de Djibouti sont documentés, ce qui menace l’approvisionnement d’un pays de 130 millions d’habitants dépendant largement de ce port. La levée en septembre des sanctions et embargos américains sur les armes pour l’Éthiopie et l’Érythrée complique l’appréciation des dynamiques externes. Le rôle de l’Érythrée reste flou: des tensions historiques existent depuis l’indépendance de 1993, et les autorités éthiopiennes accusent diverses ingérences sans fournir d’éléments publics détaillés.
L’approche informelle des événements par certains récits qui omettent l’historique de Pretoria et les causes profondes réduit la compréhension des responsabilités actuelles. Les documents officiels et les communiqués militaires montrent des mobilisations de troupes et des frappes aériennes répétées, mais ils offrent peu de transparence sur les décisions politiques qui ont mené à ces escalades. La coalition armée regroupe des acteurs issus de plusieurs régions, ce qui souligne la dimension politique nationale du conflit plutôt qu’un simple affrontement local. La saisie d’infrastructures aéronautiques et les attaques sur des voies commerciales sont des indices d’une stratégie plus vaste, qui mérite d’être replacée dans le cadre des engagements et des garanties négociés après 2022.
Des éléments chiffrés et géographiques renforcent la gravité: la population totale du pays, l’ancienne guerre à très fort coût humain et la dépendance aux routes maritimes expliquent l’enjeu national des combats. Comparé au conflit 2020–2022, l’actuelle intensification reproduit des schémas de mobilisation et de fragmentation politique. Comparé à d’autres accords de paix fragiles dans la région, la fragilité des institutions et l’absence de mécanismes de suivi transparents augmentent les risques de reprise.
La situation reste volatile et les populations civiles apparaissent exposées aux conséquences humanitaires et économiques. La focalisation médiatique sur des incidents ponctuels, sans reconstituer le contexte de l’accord de Pretoria et sans analyser les responsabilités politiques, empêche d’éclairer les responsabilités réelles et complique l’évaluation des mesures de prévention et de protection nécessaires pour éviter une nouvelle conflagration.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Nelson P.
Mis en ligne : 29/09/2026
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