Le système actuel des visas Schengen pose une question simple : payer cher pour demander le droit de voyager, puis perdre cet argent lorsque la réponse est négative.
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Suite de l’article : En 2024, les demandeurs africains ont ainsi perdu environ 60 millions d’euros, soit près de 39 milliards de FCFA, dans des demandes refusées, selon l’analyse de LAGO Collective. Le problème est aussi économique et social.
Depuis le 11 juin 2024, le tarif d’un visa Schengen de court séjour est passé de 80 à 90 euros, environ 59 000 FCFA. La Commission européenne précise que cette somme n’est pas remboursée en cas de refus. Le principe s’applique à tous les demandeurs concernés, mais ses effets ne sont pas identiques selon le niveau de vie.
Les chiffres donnent matière à s’interroger. En 2024, le taux mondial de refus était de 14,8 %, tandis qu’il atteignait 46,8 % au Sénégal et 62,8 % aux Comores. Le Nigeria affichait 45,9 %. À l’inverse, le taux de refus était de 4,6 % pour les demandes déposées depuis la Chine. Ces écarts ne prouvent pas, à eux seuls, une discrimination : les autorités européennes expliquent leurs décisions par l’évaluation individuelle des risques, des ressources financières, des documents et de la volonté de retour. Mais lorsque près d’une demande sur deux échoue dans certains pays africains, la question de l’équité mérite d’être posée.
Et les 90 euros ne racontent pas toute l’histoire. Il faut ajouter les frais de services des centres de collecte, les assurances, les déplacements, les documents administratifs et parfois des réservations perdues. Pour une famille sénégalaise, un étudiant, un commerçant ou un demandeur qui vit avec des revenus modestes, un refus peut représenter plusieurs semaines d’efforts financiers.
Le Royaume-Uni applique lui aussi des frais non remboursables en cas de refus d’un visa visiteur. L’Australie indique également que ses frais de demande ne sont généralement pas remboursés après un refus. Le problème n’est donc pas exclusivement européen. Ce qui rend le cas africain particulièrement sensible, c’est le cumul entre des frais, des revenus moyens plus faibles et des taux de refus souvent importants.
Comment construire une mobilité internationale plus équilibrée lorsque le coût de l’échec pèse si lourdement sur les candidats les moins favorisés ? L’Europe a le droit de contrôler ses frontières. L’Afrique a, elle aussi, le droit de demander davantage de transparence, de cohérence et d’équité.
Et les États africains doivent regarder leur propre miroir. Les difficultés de circulation existent également à l’intérieur du continent. Visas entre pays africains, contrôles, formalités et lenteurs administratives rappellent que la libre circulation reste inachevée. Avant d’exiger des autres l’ouverture, l’Afrique doit aussi accélérer sa propre intégration.
Le visa ne devrait pas devenir une loterie financière. Un refus peut être légitime. Mais quand il devient fréquent et coûteux, il laisse derrière lui une facture économique et un sentiment d’injustice qu’il serait dangereux d’ignorer.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 03/10/2026
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