Inondations à Dakar, année après année : La prévention en panne - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Maimouna | Publié le 08/10/2026 09:10:00

Inondations à Dakar, année après année : La prévention en panne

Il a plu. Beaucoup plu. Mais à Dakar, une forte pluie ne devrait plus être synonyme de drame. Pourtant, le 4 octobre 2026, plusieurs quartiers de la capitale et de sa périphérie se sont retrouvés sous les eaux.

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Suite de l’article : Au moins quatre personnes ont perdu la vie, tandis que des routes, des maisons, des commerces et des véhicules ont été envahis par les eaux. Certains relevés ont dépassé 140 mm en 24 heures. À Rufisque, 142 mm ont été enregistrés et Dakar-Yoff a atteint 138 mm.

Évidemment, une pluie exceptionnelle peut mettre à rude épreuve n’importe quelle ville. Mais ce qui révolte, c’est que les inondations à Dakar ne sont pas une surprise. Elles reviennent année après année. Elles sont étudiées, cartographiées et documentées depuis longtemps. Des programmes de drainage ont été lancés. Des milliards ont été investis. Et pourtant, dès que les pluies deviennent importantes, les mêmes scènes recommencent.

Dans certains quartiers, les habitants se retrouvent encore à déboucher eux-mêmes les canalisations, à retirer les déchets et à tenter de sauver leurs biens. Des voitures restent prisonnières des eaux. Des travailleurs ne peuvent plus rejoindre leur lieu de travail. Des familles sont bloquées chez elles. Cette réalité dépasse largement la simple question des désagréments liés à la pluie.

Le plus inquiétant est que les spécialistes ont déjà identifié une partie du problème. Dakar connaît une urbanisation rapide, une forte artificialisation des sols et des réseaux de drainage qui ne permettent pas toujours d’évacuer efficacement les eaux lors des épisodes intenses. Des travaux scientifiques soulignent également l’occupation de zones naturellement vulnérables et la modification des chemins naturels d’écoulement de l’eau.

Alors, pourquoi continuons-nous à découvrir le problème chaque année comme s’il était nouveau ?

Regardons ailleurs. Lagos au Nigeria et Accra au Ghana connaissent eux aussi des inondations urbaines récurrentes liées à la croissance rapide des villes, aux fortes pluies et aux difficultés de gouvernance des systèmes de drainage. Des travaux récents consacrés à ces deux métropoles montrent que le problème ne relève pas uniquement de la météo : il concerne aussi la coordination des institutions, l’aménagement urbain et la gestion des infrastructures.

Dakar n’est donc pas seule face à ce défi. Mais cette comparaison doit justement nous pousser à tirer les leçons des expériences régionales.

Il faut arrêter de considérer chaque inondation comme un événement isolé. Quand une bouche d’égout régulièrement saturée transforme une rue en rivière, ce n’est plus seulement une question de pluie. Quand des quartiers entiers deviennent impraticables, la question de la planification urbaine et de l’entretien des infrastructures doit être posée.

Des investissements existent déjà. Le PROGEP et ses prolongements ont permis de réduire les dégâts dans certaines zones couvertes par les ouvrages, notamment lors d’épisodes pluvieux majeurs. Mais les zones non couvertes restent fortement exposées, ce qui montre l’importance d’une action plus large et durable.

Le véritable coup de gueule est donc simple : combien de drames faudra-t-il encore avant que la prévention devienne réellement une priorité permanente ?

Les habitants ne demandent pas l’impossible. Ils demandent des routes praticables, des canalisations entretenues, des ouvrages dimensionnés pour les pluies d’aujourd’hui et une ville pensée en fonction de son environnement.

La pluie n’est pas notre ennemie. Une ville mal préparée peut, en revanche, transformer une pluie exceptionnelle en catastrophe humaine. Et lorsque les mêmes quartiers sont touchés encore et encore, il devient urgent de ne plus seulement gérer l’eau après le désastre, mais de s’attaquer sérieusement aux causes qui rendent Dakar aussi vulnérable.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 08/10/2026

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