Nuits étouffantes, factures salées : Jusqu’où les Dakarois tiendront-ils ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Eva | Publié le 26/09/2026 09:09:00

Nuits étouffantes, factures salées : Jusqu’où les Dakarois tiendront-ils ?

Dakar découvre, avec une pointe d’indignation, que l’électricité n’est plus un acquis immuable mais une marchandise capricieuse, et cet éditorialiste le reproche sans détour aux autorités: ces coupures répétées révèlent une gestion défaillante et une absence flagrante de plan d’urgence.

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Suite de l’article : La colère des habitants n’est pas seulement une réaction passagère, elle traduit une perte de confiance qui pèse sur la vie quotidienne et sur l’activité économique locale.

Les images sont banales et lourdes de sens: une couturière qui perd des heures de travail, une restauratrice qui voit ses stocks périr, des nuits sans ventilateur sous la chaleur de l’hivernage. Ndieme lâche: « Quand ça coupe, on reste là et on galère », et Wolly avoue: « On est un peu choqué, on n’a pas l’habitude ». Ces témoignages confirment que l’impact ne touche pas uniquement des chiffres sur un tableau électrique, mais des commandes retardées, des clients mécontents et des revenus en baisse. Senelec invoque un pic de consommation et la panne d’une centrale, explication qui ne suffit pas à calmer les esprits quand la population constate des coupures récurrentes, parfois plusieurs fois par semaine.

L’analyse impose d’être cruelle sur les responsabilités. Cette crise ressemble moins à un accident isolé qu’à l’aboutissement d’années de sous-investissement, d’entretien différé et d’absence de gestion prévisionnelle. La chaleur augmente la demande, certes, mais une entreprise d’électricité digne de ce nom anticipe, entretient ses réseaux et dispose de réserves. Ici, la réaction paraît improvisée, comme un capitaine qui découvre une voie d’eau et cherche au dernier moment où placer les seaux. La transparence promise aux usagers est absente; les communiqués techniques ne remplacent pas un calendrier précis de rétablissement ni des réponses sur les causes profondes.

Les petites entreprises sont les premières victimes. Un atelier de couture n’a pas les marges permettant d’absorber des retards répétés; un stand de restauration rapide ne peut pas recycler des ingrédients périssables sans alourdir ses prix. Ces coupures creusent les inégalités: les foyers et commerces qui n’ont pas de groupes électrogènes ni d’alternatives sont pénalisés, alors que ceux qui possèdent des moyens de secours continuent à tourner. La situation rappelle parfois des retours vers le passé, comme si la capitale reculait vers des décennies où l’électricité n’était pas fiable, et elle évoque aussi une entreprise publique traitée comme une charge et non comme un service stratégique.

Pour approfondir, il faut regarder du côté des diagnostics techniques et des choix budgétaires. La mention d’une panne dans une centrale appelle des questions sur la maintenance préventive, sur la disponibilité de pièces de rechange et sur la planification des arrêts pour travaux. L’absence d’un plan d’urgence visible, coordonné avec les collectivités locales, montre une carence administrative: il n’y a pas seulement un problème technique, il y a une culture de gestion insuffisante. Les habitants réclament des réponses précises sur la durée des coupures et sur les mesures compensatoires pour les commerçants qui subissent des pertes.

La conclusion politique est sans détour: laisser perdurer ces délestages, sans responsabilité assumée, équivaut à accepter que l’économie informelle et les petites entreprises supportent les coûts d’une gestion publique défaillante. L’irritation populaire, alimentée par la chaleur des nuits sans courant et par la facture qui ne cesse de grimper, se transformera en dossier politique si rien n’est fait pour restaurer la fiabilité du service. L’éditorialiste considère que le problème dépasse la technique; il est révélateur du rapport entre l’État et les besoins concrets de la population, et il laisse planer une exigence: que les responsables cessent l’improvisation et rendent des comptes sur une gestion qui fragilise les plus vulnérables.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Saliou D.
Mis en ligne : 26/09/2026

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