G20, Union africaine : Le modèle que l’ONU doit suivre - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Eva | Publié le 26/09/2026 12:09:30

G20, Union africaine : Le modèle que l’ONU doit suivre

Le discours d’adieu d’Antonio Guterres à l’ouverture de la 81e Assemblée générale des Nations unies aura au moins eu le mérite de poser une question que beaucoup préfèrent éviter : comment peut-on prétendre organiser le monde du XXIe siècle avec des institutions qui reflètent encore largement les rapports de force de 1945 ?

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Suite de l’article : Le secrétaire général de l’ONU a dénoncé l’absence de représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité, estimant qu’un tel système est devenu « injuste et indéfendable ». Il a également appelé à une réforme de l’architecture financière internationale et à un allègement de la dette.

Et franchement, il était temps de le dire aussi clairement.

Le Conseil de sécurité compte aujourd’hui quinze membres, dont cinq permanents : la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie. Aucun pays africain ne dispose d’un siège permanent.

Le problème n’est donc pas simplement symbolique. Il touche directement à la question de savoir qui participe durablement aux décisions concernant la paix et la sécurité internationales. L’Afrique compte aujourd’hui 54 États membres de l’ONU, contribue aux opérations de paix et reste directement concernée par de nombreuses décisions internationales. Pourtant, lorsqu’il s’agit de disposer d’un pouvoir permanent au sein de l’organe central de sécurité collective, le continent reste à la porte.

C’est là que le paradoxe devient difficile à accepter.

L’Afrique n’a pas attendu 2026 pour réclamer cette réforme. L’Union africaine défend depuis des années une position commune : au moins deux sièges permanents avec les mêmes prérogatives que les autres membres permanents, y compris le droit de veto tant que celui-ci existe, ainsi que cinq sièges non permanents.

Et cette situation peut être comparée à d’autres institutions internationales qui ont progressivement dû adapter leur gouvernance à l’évolution du monde. Le G20, par exemple, a intégré l’Union africaine comme membre permanent, illustrant qu’une structure de gouvernance mondiale peut évoluer pour mieux prendre en compte le poids politique et économique du continent. L’Union africaine elle-même présente cette évolution comme un exemple montrant que les institutions internationales ne sont pas condamnées à rester figées.

Alors pourquoi le Conseil de sécurité devrait-il rester prisonnier d’un équilibre vieux de plus de huit décennies ?

Attention toutefois : donner une place permanente à l’Afrique ne réglerait pas automatiquement les divisions internes du continent. Il faudrait encore déterminer quels États représenteraient l’Afrique, selon quels critères et avec quel mandat. Mais cet obstacle ne peut pas servir éternellement d’excuse pour repousser la réforme.

Le véritable coup de gueule est donc simple : l’Afrique ne demande pas une faveur. Elle demande que les règles de la gouvernance mondiale correspondent enfin au monde actuel.

Guterres a raison de rappeler que les institutions internationales doivent évoluer. Mais les déclarations, aussi fortes soient-elles, ne suffiront pas. La question est désormais de savoir si les grandes puissances accepteront réellement de partager une partie du pouvoir qu’elles détiennent depuis 1945.

Car si l’ONU veut continuer à parler au nom du monde entier, elle devra tôt ou tard accepter une évidence : on ne peut pas construire l’ordre mondial de demain avec la carte politique d’hier.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 26/09/2026

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