Il faut regarder les chiffres en face. La candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies connaît un sérieux coup d’arrêt.
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Suite de l’article : Lors du troisième scrutin indicatif du Conseil de sécurité, organisé le 18 septembre 2026, l’ancien président sénégalais n’a obtenu que cinq voix « encourager », contre neuf « décourager » et une « sans opinion ». Lors des deux précédents scrutins, il avait obtenu six voix favorables, sept défavorables et deux sans opinion.
Ce recul pose une question simple : que vaut réellement le soutien politique de Dakar lorsqu’il ne se traduit pas par une progression dans les urnes diplomatiques ? En juillet, le président Bassirou Diomaye Faye avait officiellement apporté son soutien à la candidature de son prédécesseur. Pourtant, deux mois plus tard, la tendance ne s’est pas inversée. Au contraire, Macky Sall perd une voix favorable et voit ses avis défavorables passer de sept à neuf.
Il ne s’agit pas ici de nier les qualités ou l’expérience internationale de l’ancien chef de l’État. Il s’agit simplement de constater une réalité : dans une compétition aussi complexe que celle du secrétariat général de l’ONU, l’appui d’un pays, aussi important soit-il, ne suffit pas. Le candidat doit construire un consensus beaucoup plus large au sein d’un Conseil de sécurité composé de quinze membres, avec une contrainte supplémentaire : obtenir au moins neuf voix et ne pas subir le veto de l’un des cinq membres permanents.
Et c’est là que les chiffres deviennent difficiles à ignorer. Rebeca Grynspan arrive en tête avec neuf voix favorables, devant Carolyn Rodrigues-Birkett avec huit. Macky Sall est désormais à cinq, au même niveau que Rafael Grossi et Olara Otunnu. Mais avec neuf voix « décourager », il apparaît davantage contesté que ces deux candidats sur ce critère.
Il faut surtout éviter de transformer cette candidature en question d’orgueil national. Une candidature internationale n’est pas un match où il faudrait absolument défendre son représentant jusqu’au bout simplement parce qu’il est Sénégalais. Elle doit être appréciée à partir des soutiens réellement obtenus, des alliances diplomatiques et de la capacité à convaincre les différents blocs.
L’histoire récente de cette même compétition offre d’ailleurs un précédent intéressant. En 2016, plusieurs candidats avaient vu leurs soutiens diminuer au fil des « straw polls ». Vesna Pusić, Igor Lukšić et Christiana Figueres avaient finalement retiré leur candidature, tandis qu’António Guterres avait conservé une avance très nette tout au long du processus.
La leçon est claire : à l’ONU, les scrutins indicatifs ne sont pas une simple formalité. Ils servent justement à mesurer la capacité d’un candidat à rassembler.
Alors, faut-il continuer à soutenir Macky Sall ? Ce choix relève évidemment des autorités sénégalaises. Mais il serait irresponsable de faire comme si les chiffres n’existaient pas. Le Sénégal peut défendre une candidature tout en regardant lucidement les rapports de force.
Le troisième scrutin ne signifie pas que la course est terminée. Mais il envoie un signal politique et diplomatique qu’il serait dangereux d’ignorer. À cinq voix favorables et neuf défavorables, le véritable défi n’est plus seulement de maintenir une candidature : il est désormais de démontrer qu’elle peut encore élargir son soutien.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 25/09/2026
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