« Un étudiant, un ordinateur » : Enquête, soupçons et guerre des accusations - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Maimouna | Publié le 09/10/2026 12:10:18

« Un étudiant, un ordinateur » : Enquête, soupçons et guerre des accusations

Le député de Pastef Amadou Ba a choisi de hausser le ton. Dans une publication sur Facebook, il dénonce une partie de la société civile qu’il qualifie de « minorité » et qu’il accuse de vouloir « enterrer » le dossier présumé de mauvaise gestion autour du programme « Un étudiant, un ordinateur ».

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Suite de l’article : Sur le fond, une question mérite pourtant d’être posée : pourquoi faudrait-il avoir peur d’une enquête lorsqu’on affirme vouloir faire toute la lumière sur une affaire ?

Le député estime que le transfert éventuel du dossier à l’OFNAC et au parquet ne doit pas empêcher l’Assemblée nationale d’aller au bout de sa commission d’enquête. Il rappelle ainsi la compétence des députés pour enquêter et transmettre leurs conclusions à la justice. Cette position peut se défendre. Mais le véritable enjeu dépasse largement le bras de fer entre parlementaires et société civile.

Ce qui intéresse les Sénégalais, ce n’est pas de savoir qui criera le plus fort. C’est de savoir ce qui s’est réellement passé.

Si des irrégularités ont été constatées dans le programme « Un étudiant, un ordinateur », elles doivent être établies avec des documents, des chiffres, des responsabilités clairement identifiées et, surtout, des preuves. Une commission parlementaire ne doit pas devenir un tribunal politique. De la même manière, la société civile ne doit pas devenir un espace où l’on distribue les bons et les mauvais points selon ses affinités politiques.

Pourquoi, au Sénégal, chaque enquête finit-elle par être enfermée dans un duel politique ? Dès qu’un scandale présumé touche une période ou des responsables, les uns parlent de chasse aux sorcières, les autres de volonté d’étouffer la vérité. Pendant ce temps, le citoyen regarde et attend.

Amadou Ba accuse également certains acteurs de la société civile d’avoir été silencieux face à la corruption sous le régime de Macky Sall. Cette accusation est grave. Mais elle mérite, elle aussi, des faits et des preuves. On ne peut pas demander la transparence tout en transformant le débat en procès d’intention. La crédibilité d’une dénonciation ne dépend pas de celui qui parle, mais de la solidité de ce qu’il avance.

Cette situation rappelle d’autres contextes africains où les scandales liés à des programmes publics ont été instrumentalisés par les camps politiques successifs. Au lieu de rechercher rapidement la vérité, les protagonistes se sont accusés mutuellement, transformant les enquêtes en affrontements politiques. Résultat : les citoyens ont souvent retenu les querelles davantage que les conclusions judiciaires.

Le Sénégal doit éviter ce piège. « Un étudiant, un ordinateur » ne doit être ni enterré, ni condamné avant l’heure. La commission d’enquête doit aller au bout de son travail, l’OFNAC et la justice doivent exercer leurs compétences, et les personnes éventuellement mises en cause doivent pouvoir répondre des faits qui leur sont reprochés.

La transparence n’appartient ni à Pastef, ni à l’opposition, ni à la société civile. Elle appartient aux Sénégalais. Et lorsqu’il s’agit d’argent public, personne ne devrait avoir intérêt à ce que la vérité soit enterrée.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 09/10/2026

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