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Les Toyota Hiace, surnommées « Cheikhou Chérifou », ont gagné les gares sénégalaises pour leur confort et leur rapidité, mais elles sont aussi au centre d’une série d’accidents mortels qui interpellent la capacité de contrôle des autorités routières. Des chauffeurs interrogés évoquent une course à la clientèle et une pression temporelle liée à l’arrêté interdisant la circulation entre minuit et six heures, tandis que des riverains et des garagistes signalent une multiplication des sorties de route et des collisions ces derniers mois.
Le sobriquet « Cheikhou Chérifou » remonte à 1998 et s’est imposé pour désigner les Toyota Hiace dernier cri qui dominent désormais les lignes interurbaines et les gares de Dakar, comme celle des Baux Maraîchers à Pikine. Ces véhicules séduisent par la climatisation et l’espace, mais leur moteur et leur tenue de route encouragent des vitesses élevées sur des axes souvent mal entretenus. Des transporteurs historiques et des mécaniciens rapportent un afflux de modèles récents sans formation systématique des conducteurs, et des conducteurs jeunes prennent la relève sur des trajets chargés.
Les éléments factuels remontent à plusieurs niveaux. Des témoignages de chauffeurs expérimentés, dont Pape Ndao, alertent sur l’incitation à la vitesse qu’exercent ces véhicules, et des garagistes expliquent que l’arrêté nocturne pousse certains conducteurs à accélérer pour boucler leurs courses avant l’heure limite. La combinaison d’une flotte moderne et d’une formation insuffisante crée un facteur de risque répétitif. Les services techniques effectuent des contrôles, mais la persistance des accidents met en évidence des lacunes dans l’application des règles et dans la mise en œuvre de sanctions dissuasives contre les infractions graves.
Les faits observés permettent d’énoncer plusieurs constats documentés. D’abord, la popularité des Toyota Hiace coïncide avec une hausse des accidents impliquant ces modèles, selon des rapports locaux et des récits sur le terrain. Ensuite, l’existence d’un arrêté horaire, loin d’amoindrir les risques, peut générer des comportements dangereux lorsque les conducteurs cherchent à respecter une contrainte temporelle stricte. Enfin, l’absence de formation obligatoire et de contrôles techniques renforcés augmente la probabilité de défaillances humaines et mécaniques sur la route. Comparé à des pays qui imposent une formation professionnelle obligatoire pour le transport public, le dispositif sénégalais révèle des vides réglementaires et des sanctions peu visibles.
La responsabilité des autorités apparaît au centre du dossier quand les mesures inscrites sur le papier ne se traduisent pas par une baisse des drames routiers. Les contrôles ponctuels existent, mais la récurrence des accidents illustre une incapacité à imposer une discipline durable dans les gares et sur les axes principaux. Des acteurs du transport réclament plus de formation et de contrôles techniques, tandis que les voix qui demandent des sanctions effectives pour les excès de vitesse et pour le non-respect des règles peinent à être entendues. Le constat factuel montre un déséquilibre entre une flotte moderne et un encadrement réglementaire insuffisant.
Des études comparatives révèlent que l’amélioration de la sécurité routière passe par l’association de sanctions proportionnées, de contrôles techniques réguliers et de formation professionnelle. Des cas concrets sur le terrain font état d’interventions sporadiques des forces de l’ordre et d’une mise en fourrière rarement suivie d’amendes dissuasives. Une voix de garagiste résume la tension: « L’arrêté nocturne conduit certains conducteurs à risquer l’excès de vitesse pour finir avant six heures. » La comparaison avec des pratiques étrangères met en lumière l’écart entre réglementation et application effective au Sénégal.
Les faits racontent une histoire simple et préoccupante: des véhicules séduisants servent de catalyseur à des comportements à risque, et les instruments de contrôle existants ne suffisent pas à protéger les usagers. Les accidents répétés et les témoignages des professionnels du transport illustrent une incapacité opérationnelle des autorités à imposer des sanctions dissuasives et à encadrer sérieusement l’exploitation des « Cheikhou Chérifou ». Sans une mise en pratique renforcée des règles et une politique de contrôle continue, les routes continueront de payer le prix de ces défaillances.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Maimouna N.
Mis en ligne : 23/01/2026
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