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L’arrestation d’un homme surpris en train d’arnaquer une patiente analphabète à l’hôpital Dalal Jam a mis en lumière des pratiques individuelles mais aussi des lacunes institutionnelles. L’individu, interpellé après la détection d’un faux document par une caissière, est accusé d’usurpation d’identité, d’escroquerie, de vol et de détention de chanvre indien. La mise en avant exclusive de la vigilance du personnel masque cependant des questions plus larges sur la sécurité, la formation et la protection des patients vulnérables au sein de l’établissement.
L’homme, âgé de 36 ans et domicilié à Pikine, aurait opéré depuis plusieurs semaines dans les couloirs de l’hôpital en se faisant passer pour un accompagnant ou un agent autorisé. Selon les constatations effectuées lors de son interpellation, il disposait de plusieurs pièces d’identité au nom de tiers et d’un permis de conduire falsifié. Lors de la fouille, les forces de sécurité ont retrouvé des objets permettant de lier l’individu à des vols antérieurs, dont un téléphone revendu dans un quartier voisin. La patiente ciblée était analphabète et dépendait d’un accompagnement pour ses formalités médicales.
La présence d’un escroc récurrent dans l’enceinte d’un hôpital interroge la capacité du site à empêcher l’accès et l’exploitation des patients. La détection s’est faite grâce à une action individuelle, non à un protocole systématique. Les caméras de surveillance ont filmé des faits antérieurs, mais l’existence d’images n’a pas empêché la répétition du préjudice. Il existe un contraste marqué entre la mise en lumière d’un acte héroïque ponctuel et l’absence de mention d’audits internes, de registres d’identification des accompagnants ou de personnel formé à la reconnaissance des fraudes documentaires. La découverte de chanvre indien ajoute un élément de sécurité sanitaire qui n’a pas été anticipé.
Les faits montrent que la protection des malades dépend trop souvent de la vigilance individuelle. Les établissements hospitaliers qui s’appuient uniquement sur la bienveillance du personnel laissent des brèches exploitables par des fraudeurs. La possession de plusieurs cartes d’identité au nom d’autres personnes révèle un défaut de contrôle d’identité à l’entrée et aux guichets. La répétition présumée d’escroqueries antérieures signale aussi un manque de remontée d’information entre la sécurité de l’hôpital, la police et les services administratifs. Comparé à des hôpitaux qui exigent une pièce d’identité et un enregistrement formel des accompagnants, le fonctionnement observé ici apparaît moins rigoureux. De même, face à des populations analphabètes, l’absence de dispositifs de traduction ou d’accompagnement institutionnel augmente la vulnérabilité des patients.
La focalisation médiatique sur la caissière vigilante permet de raconter une histoire simple et satisfaisante, mais elle évite d’examiner la chaîne de protection globale. Les éléments factuels disponibles montrent l’absence d’un protocole standardisé d’authentification des paiements et l’absence d’un registre électronique des transactions vérifiables. Les caméras ont produit des images sans qu’un traitement régulier des enregistrements n’empêche la récidive. L’hôpital n’a pas communiqué de chiffres sur la formation du personnel à la détection des fraudes ni sur les effectifs de sécurité présents par shift, informations pourtant directement liées à la prévention.
Des études comparatives montrent que la mise en place d’un contrôle d’accès, d’un enregistrement des accompagnants et d’une formation spécifique réduit les tentatives d’escroquerie dans les structures de soins. Dans d’autres établissements similaires, l’intégration d’un terminal de paiement sécurisé et la vérification systématique des pièces d’identité ont entraîné une baisse mesurable des délits contre les patients. Les données policières locales indiquent que les fraudeurs ciblent prioritairement les lieux à forte affluence et à faible contrôle administratif, caractéristiques souvent observées dans les hôpitaux publics urbains.
L’interpellation de l’escroc est un fait avéré qui révèle la réaction efficace d’un agent, mais les éléments concrets exposent surtout des déficits structurels. Le contrôle d’identité lacunaire, l’absence de protocoles de prise en charge des patients analphabètes et le manque de coordination avec la sécurité policière constituent des vulnérabilités documentées. Les chiffres et les comparaisons disponibles montrent qu’un renforcement des procédures et une formation ciblée du personnel restent des réponses factuelles et éprouvées pour limiter la répétition de tels préjudices.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Oumou Khairy.
Mis en ligne : 26/12/2025
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