Viol à Rufisque : La clémence plaidée, la justice mise à l’épreuve - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Fait divers | Par Eva | Publié le 28/01/2026 08:01:45

Viol à Rufisque : La clémence plaidée, la justice mise à l’épreuve

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Je refuse de sourire devant l’excuse facile qui s’étale comme une tache d’huile dans notre société. Je vois trop souvent l’alcool, la colère ou la misère brandis comme boucliers pour des actes qui n’admettent aucune atténuation morale. Ma position est nette : la recherche systématique de circonstances atténuantes transforme les bourreaux en hères plaintifs et laisse les victimes déboutées, humiliées et seules face à la violence.

Les faits qui m’occupent sont simples et glaçants : une femme de soixante ans séquestrée, menacée, violée dans l’intimité de sa maison, et un accusé, son neveu, qui cherche à minimiser sa responsabilité en invoquant l’état d’ébriété et l’entourage. La justice examine les pièces du dossier, le certificat médical, la description d’un couteau et les témoignages précis de la victime. Malgré des éléments accablants, une demande d’atténuation de peine est formulée, comme si la pitié sociale devait peser plus lourd que la gravité du crime.

Je crois que cette demande d’alléger la sanction révèle une faille profonde du système judiciaire et moral. Quand la société normalise l’excuse, les magistrats se retrouvent sous pression pour ménager l’accusé. Le discours compassionnel pour l’homme en difficulté efface la douleur de la femme agressée. J’entends les plaidoiries qui invoquent l’alcool ou la précarité, et j’observe la dilution progressive de la responsabilité pénale. La logique devient perverse : la faiblesse de l’auteur devient argument d’indulgence, tandis que la souffrance de la victime reste une donnée secondaire.

Je soutiens que la clémence mal placée produit trois dégâts concrets. D’abord, elle envoie un signal politique et social : commettre un crime peut trouver des excuses publiques, et donc une atténuation judiciaire. Ensuite, elle pénalise la victime en lui imposant une seconde blessure, celle de l’oubli institutionnel. Enfin, elle affaiblit la prévention en réduisant la crainte des conséquences. Pour que le message soit clair, je compare ce mécanisme à une balance faussée et à une échelle qui perd ses marches : le coupable descend plus léger tandis que la victime tombe plus lourdement, et la société se rapproche d’un terrain où l’impunité prospère.

La demande d’atténuation de peine n’est pas un geste neutre, c’est une manifestation d’une culture de l’excuse qui influence les juges, les avocats et l’opinion publique. Cette culture multiplie les contextes justifiants : l’alcool devient permis, la pauvreté devient circonstance atténuante, la colère devient explication. Le résultat est clair : la clémence se focalise sur l’accusé et non sur la réparation de la victime. Je refuse cette inversion des priorités, car la justice doit recentrer son attention sur la protection des victimes et sur la responsabilité personnelle. Si la société continue d’excuser systématiquement, elle finira par naturaliser l’inacceptable.

Les dossiers médico-légaux et les témoignages constituent des preuves tangibles qui devraient peser plus lourd que les récits circonstanciels. Les certificats faisant état de blessures et de rapports sexuels récents attestent d’une violence physique documentée. Les éléments matériels, comme la découverte d’un couteau correspondant à la description de la victime, renforcent la conviction qu’il ne s’agit pas d’un simple malentendu. J’observe aussi que d’autres sociétés ont durci leurs pratiques judiciaires face à ce type d’affaires, privilégiant la protection des victimes et la dissuasion; ces exemples offrent des comparaisons instructives pour repenser nos réponses pénales et sociales.

Je maintiens que demander l’atténuation pour des crimes aussi graves est une trahison morale qui favorise le coupable au détriment de la victime. Je veux une justice qui sache nommer les responsabilités, qui cesse d’abriter les excuses et qui replace la réparation au centre des préoccupations. Si l’on continue à plier la loi devant l’alibi social, la violence trouvera des refuges et la confiance collective se déliterait; je refuse qu’une société qui pardonne tout oublie surtout ceux qui ont été brisés.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Tapha Ba.
Mis en ligne : 28/01/202
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