Convocation sans motif : Pression militaire sur Domingos Simões Pereira - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 10/02/2026 09:02:00

Convocation sans motif : Pression militaire sur Domingos Simões Pereira

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Domingos Simões Pereira, chef de l’opposition et dirigeant du PAIGC, a été convoqué devant la justice militaire à Bissau pour une audition programmée le vendredi 13 février. Aucune charge officielle n’a été communiquée publiquement, mais des sources militaires évoquent son implication présumée dans une tentative de putsch remontant à octobre. Le siège du PAIGC reste fermé et la junte demande au parti de changer son drapeau, invoquant une révision constitutionnelle.

Cet événement survient dans un climat de tensions entre la junte dirigée par le général Horta N’Tam et les cadres du PAIGC, et il soulève des interrogations sur l’espace politique et la liberté d’expression en Guinée-Bissau.

La convocation s’inscrit après une série de pressions contre le PAIGC: membres empêchés de s’exprimer, modifications du code électoral et révision de la loi sur les partis politiques, tandis que des proches de l’ex-président Umaro Sissoco Embaló ont été reçus par la junte.

La convocation militaire de Domingos Simões Pereira sans communication de motifs clairs présente plusieurs éléments factuels qui incitent à lire l’opération comme un outil de pression politique. D’abord, l’absence d’acte d’accusation public empêche tout contrôle judiciaire et restreint le droit à la défense; c’est une réalité vérifiable dans la mesure où les autorités n’ont transmis aucun document aux médias. Ensuite, le maintien d’une assignation à résidence et l’interdiction de toute prise de parole publique pour un leader politique constitueraient des atteintes concrètes à la liberté d’expression et à la participation citoyenne si elles sont confirmées par des éléments juridiques.

Les autorités militaires justifient certaines mesures par une révision constitutionnelle interdisant l’usage de symboles nationaux par les partis, ce qui explique la demande de changement de drapeau au PAIGC. Cette motif légal contraste avec l’accusation, plus grave, de tentative de putsch; la coexistence de revendications administratives et d’accusations pénales sans transparence crée une incertitude juridique préjudiciable au pluralisme.

La sélection des faits disponibles montre un schéma récurrent: fermeture du siège d’un grand parti, restriction de la parole d’un leader, invocation de réformes juridiques et convocation militaire sans publicité des preuves. Ces éléments, pris ensemble, tendent à réduire l’espace politique et à fragiliser les conditions d’un processus électoral crédible. Les élections prévues en décembre risquent de se dérouler dans un environnement où l’opposition est affaiblie institutionnellement et symboliquement.

Comparaison: la situation rappelle des cas récents dans la région où la militarisation du pouvoir a précédé des restrictions électorales, comme au Mali, mais la trajectoire bissau-guinéenne conserve ses spécificités locales. Comparaison encore: la fermeture des locaux d’un parti et la remise en cause de ses symboles peuvent être l’équivalent symbolique d’une disqualification politique sans procès complet.

En mettant l’accent sur la convocation sans motif clair, les faits révèlent une stratégie qui produit des effets intimidants: neutralisation des dirigeants adverses, affaiblissement des structures partisanes et création d’un climat d’incertitude juridique. Le témoignage d’un membre du PAIGC en exil qui qualifie l’accusation de «curieuse» illustre la perception d’une instrumentalisation des institutions par ceux qui sont arrivés au pouvoir par la force. Les réformes du code électoral et de la loi sur les partis, combinées à des mesures de sécurité sélectives, forment un ensemble factuel qui fragilise la transparence et la concurrence politique.

Les faits disponibles montrent aussi des gestes concrets: réunion au Palais présidentiel entre des proches d’Umaro Sissoco Embaló et le général Horta N’Tam, demandes de garanties pour le retour de l’ancien président, et absence d’accès médiatique pour le PAIGC. Ces éléments, documentés par sources locales, corroborent l’existence d’une pression coordonnée sur l’opposition.

La convocation militaire de Domingos Simões Pereira, telle qu’elle est décrite par les sources publiques, combine incertitude juridique et mesures administratives ciblées contre le PAIGC. Les faits disponibles mettent en lumière des pratiques qui restreignent la parole politique et modifient l’environnement électoral avant décembre, avec des conséquences évidentes pour la qualité du débat démocratique en Guinée-Bissau. La suite des procédures et la transparence des autorités resteront déterminantes pour juger de la nature réelle de ces actions.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Fatou K.
Mis en ligne : 10/02/2026

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