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Ce jeudi 19 février 2026, Waly Diouf Bodian, directeur général du Port autonome de Dakar, a publié une déclaration solennelle sur sa page officielle : « Le jour où ma situation personnelle primera sur celle du pays, j’arrêterai de faire de la politique. » Un serment qui, à première vue, semble incarner l’idéal du service public désintéressé. Pourtant, à y regarder de plus près, cette sortie médiatique relève davantage de la posture que de la conviction profonde. Dans un contexte sénégalais marqué par le clientélisme, l’opportunisme et les promesses non tenues, cette déclaration résonne comme une tentative de réhabilitation personnelle, bien plus que comme un engagement crédible.
Le Sénégal, souvent cité en exemple pour sa stabilité démocratique, traverse une crise de confiance envers sa classe politique. Les alternances successives n’ont pas mis fin aux pratiques de favoritisme, de gestion opaque et de transhumance politique. Les citoyens, las des discours creux, attendent des actes. Waly Diouf Bodian, figure controversée, incarne à lui seul les contradictions de ce système : ancien militant de la première heure du Pastef, devenu directeur d’une institution stratégique, il cumule les casquettes de « patriote » autoproclamé et de gestionnaire critiqué pour son autoritarisme et ses méthodes discutables.
Waly Diouf Bodian se présente comme un « vrai patriote », opposant l’intérêt national aux ambitions personnelles. Pourtant, son parcours est émaillé de controverses : licenciements massifs et recrutements obscurs au Port autonome de Dakar, accusations de favoritisme, et un style provocateur qui alimente les tensions plutôt qu’il ne les apaise. En novembre 2024, trois syndicalistes ont été limogés pour avoir dénoncé l’attribution présumée d’un marché à son frère – un épisode qui illustre le décalage entre ses déclarations et ses pratiques. Comment croire en la sincérité d’un homme qui, tout en prônant la transparence, gère son institution dans l’opacité et réprime toute critique ?
Le Sénégal est devenu une « république des opportunistes », où les principes s’effacent devant les calculs stratégiques. Les exemples ne manquent pas : transhumance politique, alliances de circonstance, et promesses de rupture jamais concrétisées. Waly Diouf Bodian, en s’adressant aux « vrais patriotes », semble oublier que la crédibilité se mesure à l’aune des résultats, non des déclarations. Son appel à l’exemplarité sonne faux quand on sait que le Port de Dakar, sous sa direction, a été pointé du doigt pour ses dysfonctionnements et son manque de transparence. Par ailleurs, la gestion des ports africains montre que la performance et l’éthique peuvent aller de pair – comme à Tanger Med ou Port-Saïd, où la modernisation a rime avec efficacité et traçabilité. Pourquoi le Sénégal ne pourrait-il pas en faire autant ?
À l’échelle du continent, des ports comme Tanger Med ou Port-Saïd ont su allier performance économique et gouvernance transparente, grâce à des réformes structurelles et une volonté politique réelle. Ces exemples prouvent qu’il est possible de concilier développement et intégrité. En revanche, au Sénégal, les discours moralisateurs de certains responsables contrastent avec leur incapacité à réformer en profondeur un système miné par le clientélisme et l’improvisation.
Waly Diouf Bodian joue habilement sur les symboles, mais ses actes trahissent ses paroles. Dans un pays où la défiance envers les élites est à son comble, les belles déclarations ne suffisent plus. La vraie rupture consisterait à passer des promesses aux réalisations : transparence dans la gestion des institutions, fin des passe-droits, et exemplarité au quotidien. Tant que ces conditions ne seront pas remplies, ses serments resteront des mots creux, et le Sénégal continuera d’attendre ses « vrais patriotes ».
Si vous souhaitez approfondir certains aspects (comparaisons internationales, analyse des réformes portuaires, etc.), je peux développer ces points ou ajuster le ton selon vos besoins. Cet article vise à interpeller le grand public sur l’écart entre les discours et les réalités du pouvoir au Sénégal. Souhaitez-vous ajouter ou modifier des éléments ?
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 21/02/2026
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