Il y a des décisions qui dépassent la simple faute de gestion pour entrer dans le registre du symbole. L’affaire des plus de 50 millions de francs CFA mobilisés pour la réfection du logement du directeur général de La Poste en est une illustration frappante.
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Suite de l’article : Dans une entreprise déjà fragilisée, où des bureaux stratégiques comme Kaolack et Ziguinchor restent fermés et où celui de Dakar Fann se dégrade, ce choix résonne comme une provocation.
Ce n’est pas seulement une question de chiffres, c’est une question de priorités. Comment justifier une telle dépense alors que la structure traîne une dette sociale de plus d’un milliard de francs CFA, mettant en péril les retraites des agents ?
Ce contraste brutal entre le luxe accordé au sommet et la précarité vécue à la base révèle une rupture profonde dans la gouvernance. Ce n’est plus une maladresse : c’est un signal clair envoyé aux travailleurs, celui d’une hiérarchie des urgences profondément déséquilibrée.
Sur le plan éthique, la faute est lourde. Diriger une entreprise publique implique une exigence fondamentale : placer l’intérêt collectif au-dessus des privilèges individuels. Or ici, tout indique l’inverse. Même si certains tenteront de justifier cette dépense par des arguments techniques ou administratifs, le problème est ailleurs. Il est dans le message. Quand les bureaux tombent en ruine et que les missions à l’étranger s’enchaînent sans ancrage réel dans les réalités du terrain, le sentiment d’abandon chez les agents devient inévitable.
Financièrement, le raisonnement est tout aussi accablant. Avec 50 millions de francs CFA, combien de bureaux auraient pu être réhabilités ? Combien de dettes sociales partiellement épongées ? Combien d’actions concrètes pour relancer un réseau postal en souffrance ? Ce choix de dépense n’est pas neutre : il traduit une orientation, une vision, ou plutôt une absence de vision stratégique centrée sur le service public.
Mais le plus inquiétant reste sans doute le coût invisible de cette décision. Car au-delà des montants, c’est la confiance qui s’effrite. Celle des travailleurs, qui voient leurs conditions se dégrader. Celle des usagers, qui subissent les conséquences d’un service affaibli. Et, plus largement, celle des citoyens envers la gestion des entreprises publiques. Une institution qui perd sa crédibilité perd aussi sa légitimité.
Ce dossier ne doit pas être relégué au rang d’anecdote. Il révèle un malaise structurel et une dérive préoccupante dans la gestion. Il appelle des réponses claires : transparence, reddition des comptes et réorientation des priorités. Car tant que le confort des dirigeants primera sur la pérennité du service et la sécurité des travailleurs, la crise de La Poste ne fera que s’aggraver.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 07/05/2026
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