Le député Cheikh Bara Ndiaye a déclaré récemment qu’une rencontre secrète aurait eu lieu entre le président Diomaye Faye et l’ancien Premier ministre Amadou Bâ, rumeur relayée dans les médias nationaux ces dernières semaines.
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Suite de l’article : Les cadres de Nouvelle responsabilité ont nié fermement toute entrevue, qualifiant l’affirmation de contrevérité et de tentative de nuire au parti. Ces faits se sont déroulés dans le paysage politique sénégalais actuel et ont ravivé les spéculations sur des tractations en coulisses.
Je crois que cette dénégation expresse ne vise pas d’abord à éclairer les citoyens mais à piloter une image publique, et que ce réflexe alimente les soupçons plus qu’il ne les dissipe.
La même rumeur avait circulé il y a deux mois, et les responsables du parti avaient déjà pris des positions publiques pour balayer tout rapprochement politique avant 2029.
Je trouve l’attitude de Nouvelle responsabilité suspecte parce qu’elle suit un schéma éprouvé de communication politique: nier vite, sans donner de preuve, puis espérer que le bruit retombe. Ce n’est pas de la transparence, c’est de la gestion d’apparences. Quand un parti dispose de porte-parole et de structures de communication, il peut soit présenter des éléments concrets pour étouffer une rumeur, soit expliquer pourquoi il refuse d’en discuter; ici, on observe un seul choix systématique: le démenti catégorique et la mise au point à l’emporte-pièce. Ce comportement ressemble à la tactique d’un candidat pris sur le fait, non à celle d’une formation qui veut instaurer la confiance.
La rapidité du démenti soulève deux problèmes. Le premier est factuel: l’absence d’une information vérifiable ouvre un vide que remplissent les conjectures. Le second est moral: en privant les citoyens d’un récit crédible, on nourrit la défiance. J’ai vu trop souvent des partis préférer l’anti-crise médiatique plutôt que la conversation honnête; c’est ce que je dénonce ici. La politique n’est pas un spectacle de fumées et de miroirs, et les électeurs méritent mieux qu’une rhétorique d’évitement.
Premièrement, l’efficacité d’un démenti dépend de la transparence. Un simple refus sans preuve équivaut parfois à une admission tacite. Si l’on compare cette stratégie à celle d’une entreprise confrontée à une rumeur financière, l’action responsable serait de communiquer des éléments vérifiables; or le parti concerné n’a pas adopté cette méthode. Deuxièmement, la répétition des dénégations précipitées affaiblit la crédibilité à long terme: chaque nouveau démenti sans justification creuse un sillon d’incrédulité dans l’opinion publique. Les citoyens commencent à penser que l’on protège des intérêts et non des principes.
Je suis aussi préoccupé par l’effet d’imitation. Lorsque la classe politique normalise la réponse épidermique au scandale potentiel, elle légitime l’opacité comme outil stratégique. La démocratie se nourrit d’informations et de discussions franches; elle s’étouffe quand les responsables choisissent le camouflage. J’ajoute que ces tactiques renforcent la polarisation: les adversaires y voient une preuve de duplicité, les partisans s’enferment dans le déni, et le reste de la population se détourne, las de ces jeux de coulisse.
Des études d’opinion montrent que la transparence perçue augmente la confiance institutionnelle, tandis que le secret nourrit le cynisme. Les comparaisons internationales illustrent le contraste: des partis qui publient des comptes rendus ou des minutes calment les spéculations, tandis que ceux qui répondent par de courtes déclarations creusent le fossé. La leçon est simple et amère: communiquer précautionneusement mais honnêtement rapporte plus de crédit qu’un silence ostentatoire.
Je refuse de croire que la politique doive toujours se réduire à des postures. La dénégation rapide dont j’ai parlé ressemble à une manœuvre d’image plutôt qu’à un geste de responsabilité. En conséquence, la confiance citoyenne se fragilise, les soupçons prospèrent et la vie publique s’appauvrit. Si un parti veut être pris au sérieux, il doit accepter la clarté comme pratique courante, pas comme une option occasionnelle quand l’opinion l’y contraint. Je demande aux dirigeants politiques d’assumer la transparence, sinon qu’ils cessent de prétendre vouloir restaurer la confiance.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 06/05/2026
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