La ministre des Sports, Khady Diène Gaye, a annoncé lundi et mardi que le Sénégal prépare un dossier de candidature pour abriter la Coupe d’Afrique des nations 2032.
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Suite de l’article : Elle a expliqué que cette initiative s’appuie sur les récents succès de l’équipe nationale et sur une stratégie d’attraction des grands rendez-vous sportifs. Elle a déclaré: « le Sénégal effectivement prépare son dossier de candidature pour pouvoir abriter la Coupe d’Afrique des nations de football en 2032. » Cependant, l’annonce survient alors que des carences structurelles majeures persistent.
Pour accueillir une CAN à 24 équipes, le pays ne dispose aujourd’hui que d’un stade aux normes internationales, le stade de Diamniadio, et l’offre hôtelière est jugée insuffisante pour un tournoi de cette envergure.
La faiblesse du parc sportif se mesure à une exigence simple: il faut au moins six stades aux normes internationales pour tenir une phase finale à 24 équipes. Le Sénégal présente actuellement une capacité stades conforme limitée à un seul site homologué, ce qui impose la construction ou la rénovation d’au moins cinq enceintes supplémentaires. Ce déficit s’accompagne d’une insuffisance d’infrastructures annexes: centres de presse adaptés, transports inter-stades, et services médicaux de niveau international. Ces éléments figurent parmi les critères habituellement pris en compte par la Confédération africaine de football.
Sur le plan hôtelier, le constat reste le même: l’offre actuelle ne répond pas aux besoins conjoints des délégations, des officiels, des médias et des supporters. Organiser une CAN génère des dizaines de milliers de nuitées; l’absence d’un parc hôtelier élargi oblige à lancer des opérations massives de construction ou à recourir à des solutions temporaires. Ces travaux, quand ils sont menés dans l’urgence, ont souvent entraîné des chantiers inachevés ou des retards lourds pour les pays hôtes.
La Confédération africaine de football n’a pas encore ouvert officiellement l’appel à candidatures pour 2032, mais elle a indiqué son intention d’en lancer pour plusieurs éditions à venir. Le Sénégal affrontera une concurrence déjà exprimée: l’Égypte a manifesté son intérêt après avoir accueilli la CAN 2019, tandis que d’autres projets ont été évoqués, comme l’Éthiopie ou une candidature conjointe Afrique du Sud–Botswana–Namibie. Comparé à l’Égypte en 2019, qui disposait d’un réseau d’enceintes et d’un parc hôtelier préexistants, le Sénégal devrait engager un chantier de mise à niveau plus vaste et plus rapide.
Les risques pratiques sont documentés: calendrier serré pour construire plusieurs stades et hôtels, pressions budgétaires sur des investissements publics, et possible dépendance à des prestataires privés pour livraisons rapides. Une deuxième citation de la ministre illustre l’ambition officielle: « Notre pays se positionne à accueillir les grands événements sportifs internationaux. » Reste à mesurer l’écart entre cette volonté politique et l’état des infrastructures sur le terrain.
Sur le plan de l’image, une candidature lancée sans garanties de réalisations concrètes peut produire l’effet inverse de celui escompté. Des chantiers inachevés ou des sites livrés à la va-vite exposeraient le pays à des critiques internationales et pèseraient sur la réputation des futures candidatures sénégalaises. Les précédents africains offrent des leçons sur la prudence: des offres ambitieuses qui n’ont pas respecté les calendriers ont entaché la crédibilité d’organisateurs.
La décision du Sénégal engage donc une double logique: valoriser une dynamique sportive réelle et affronter un défi logistique et financier considérable. Les données disponibles montrent un déficit d’infrastructures et d’hébergement qui rend la trajectoire vers 2032 exigeante, sinon improbable, sans plans de financement et calendriers irréprochables. La candidature reste une promesse politique; sa réussite dépendra surtout de la capacité à transformer rapidement des intentions en réalisations tangibles.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Maimouna N.
Mis en ligne : 18/05/2026
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