L'UAM évacuée pour les JOJ 2026 : Les étudiants relégués au second plan - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Eva | Publié le 28/05/2026 11:05:30

L'UAM évacuée pour les JOJ 2026 : Les étudiants relégués au second plan

Les étudiants de l’université Amadou Mahtar Mbow (UAM) de Diamniadio ont exprimé leur mécontentement au sujet des conditions d’évacuation du campus, prévue à partir du 31 mai 2026.

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Suite de l’article : Le site doit être transformé en village des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026 pour l’ouverture programmée à l’été 2026. Les protestations ciblent l’absence d’ordinateurs et d’accès à internet promis pour assurer la continuité pédagogique.

La décision d’utiliser le campus repose sur sa situation géographique, à proximité du stade Abdoulaye Wade, de la Dakar Arena, du centre des expositions et du centre équestre. Les étudiants devront quitter les lieux et ne pourront réintégrer le campus que le 4 janvier 2027, soit un déplacement de plus de sept mois.

L’annonce de la transformation a été suivie d’engagements visant à permettre des cours à distance pendant l’évacuation. À quelques jours de la date butoir, ces moyens numériques ne sont pas opérationnels selon des témoignages recueillis par la télévision locale TFM. Un étudiant a résumé le ressentiment avec ces mots: « l’avenir d’une nation » contraint de céder son campus. L’absence d’un calendrier public de déploiement par l’université ou par le comité d’organisation crée un vide organisationnel palpable.

Le choix du campus comme village olympique met en lumière des arbitrages précis: rapprocher l’hébergement des infrastructures sportives pour faciliter la logistique des JOJ. Le Comité international olympique et le comité d’organisation valorisent cet effet de proximité comme un avantage opérationnel. Sur le terrain, cette décision entraîne la mobilisation des résidences universitaires pour héberger des milliers d’athlètes, encadreurs et officiels, et oblige les étudiants à poursuivre leur année en dehors du campus central.

Les risques documentés sont concrets. La continuité des enseignements repose sur l’existence d’un dispositif d’enseignement à distance dont la mise en place conditionne la tenue régulière de l’année académique pour les étudiants concernés. À moins d’une semaine du transfert effectif, aucun calendrier précis n’a été rendu public par l’UAM ou par le COJOJ. L’absence d’ordinateurs et d’accès à internet compromet l’accès aux cours, aux ressources bibliographiques et aux évaluations en ligne. Ce défaut logistique transforme un campus universitaire en un espace sacrifié au profit d’une image internationale.

La durée de l’évacuation, du 31 mai 2026 au 4 janvier 2027, correspond à l’essentiel d’une année universitaire hors de son campus habituel et crée des implications administratives et pédagogiques: relogement, coûts supplémentaires, interruption possible des travaux pratiques et difficulté d’encadrement des mémoires. La promesse d’outils numériques non livrés aggrave l’asymétrie entre l’attente des étudiants et les priorités affichées par les organisateurs des Jeux. En comparaison, des hébergements temporaires lors d’événements sportifs sont souvent planifiés autour de solutions alternatives; ici, la solution retenue dépend d’une bascule d’usage massive et rapide du campus.

Des comparaisons factuelles renforcent le constat: la proximité logistique permise par le site contraste avec l’absence d’un dispositif d’accompagnement opérationnel pour les étudiants, et la période d’occupation excède la simple fermeture estivale pour se transformer en exonération prolongée de responsabilité pédagogique. Ces éléments documentés montrent que l’image internationale recherchée s’est imposée avant l’assurance d’un transfert pédagogique crédible.

La situation laisse un champ d’incertitude pour la rentrée 2026-2027 et pose une question de priorités publiques. Les faits exposés indiquent un arbitrage où l’accueil des JOJ prime sur le maintien assuré des enseignements, au risque de perturber durablement le parcours des étudiants et de sacrifier la mission éducative au bénéfice d’une vitrine internationale.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Khadidiatou Mané.
Mis en ligne : 28/05/2026

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