Je suis profondément surpris et inquiet que la télévision nationale ait choisi de ne pas diffuser en direct l’élection du président de l’Assemblée nationale.
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Suite de l’article : Ce silence n’est pas anodin quand il touche un moment institutionnel, et je le perçois comme le symptôme d’une gestion interne défaillante. Ma position est nette: une chaîne publique ne peut se permettre de zapper un acte politique majeur sans explication crédible et vérifier de fond en comble ses procédures éditoriales.
La décision d’interrompre ou d’écarter une retransmission en direct soulève d’abord une question simple: qui a pris cette décision et selon quels critères ? Les téléspectateurs paient la redevance et attendent une information fiable et complète. L’absence de couverture a fait éclore une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et chez des responsables institutionnels, ce qui révèle un déficit de communication de la part de la direction. Le manque d’une version claire et argumentée laisse la place aux rumeurs, à l’opacité et à la suspicion sur des choix qui devraient rester transparents.
En analysant les faits, plusieurs défaillances apparaissent. D’abord, le pilotage éditorial semble flottant: aucune justification publique circonstanciée, pas de message expliquant un possible problème technique, et des journaux télévisés qui passent sous silence des événements connexes. Ensuite, l’organisation interne paraît fragile: absence de procédures d’urgence pour les directs, pouvoir de décision concentré dans des mains peu responsables, et manque d’anticipation pour gérer une situation politiquement sensible. Enfin, il existe un problème de gouvernance: la nomination des responsables de la chaine continue d’être perçue comme trop dépendante des cercles du pouvoir, ce qui compromet la confiance du public.
Je soutiens que ces lacunes ne relèvent pas seulement d’un incident isolé. Elles témoignent d’un dysfonctionnement structurel qui fragilise le service public audiovisuel. Un média national doit articuler rigueur technique, indépendance éditoriale et clarté de gouvernance. Quand ces éléments sont disjoints, la crédibilité s’effrite rapidement. Les citoyens se sentent privés de leur droit à l’information, et les parlementaires voient leur acte public réduit à une séquence privée.
Sur le plan pratique, il faut des réponses précises et publiques: exposer la chaîne des décisions qui ont conduit à l’absence de diffusion, produire un rapport interne sur les responsabilités techniques et éditoriales, et montrer les mesures prises pour éviter la répétition d’un tel incident. Il faut aussi réformer les mécanismes de nomination pour garantir une direction indépendante et professionnelle, défendre l’autonomie rédactionnelle des journalistes et instituer des procédures écrites pour tous les directs d’assemblées et d’événements institutionnels.
Je n’accepte pas que l’on balaie d’un revers de main l’exigence démocratique d’accès à l’information. La télévision publique doit être un miroir des institutions, pas un rideau baissé quand la scène déplaît. Si la RTS veut reprendre la confiance de ses publics, elle doit ouvrir les portes de son fonctionnement et répondre aux questions légitimes qu’elle a générées. Qu’on m’explique, donc, et vite; autrement, le silence d’hier restera la cicatrice d’une crédibilité perdue, et la nation aura le droit d’en garder mémoire.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Sidy Diop.
Mis en ligne : 27/05/2026
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