Liberté d’expression vs handicap mental : Le cas Azoura Fall - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Eva | Publié le 02/06/2026 03:06:15

Liberté d’expression vs handicap mental : Le cas Azoura Fall

L’actualité nous apprend qu’Azoura Fall, militant de Pastef, a été interpellé à Dakar pour des propos jugés offensants envers le président Bassirou Diomaye Faye.

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Suite de l’article : Mais derrière cette information factuelle se cache une réalité bien plus troublante : celle d’un homme dont les troubles cognitifs et le handicap mental, formellement diagnostiqués par un médecin spécialiste et un psychiatre assermenté, sont ignorés au profit d’une justice expéditive. Je ne peux m’empêcher de condamner cette arrestation, car elle révèle une vérité cruelle : les sociétés qui assimilent les personnes en souffrance à celles qui disposent pleinement de leurs facultés sont des sociétés barbares.

Assane Guèye, alias Azoura Fall, n’est pas un simple militant. C’est un homme dont l’état de santé mentale a été évalué par des experts : troubles cognitifs, déséquilibre, handicap mental. Ces diagnostics, de notoriété publique, devraient suffire à susciter la prudence, voire la clémence, de la part des autorités. Pourtant, il a été arrêté alors qu’il s’apprêtait à rejoindre sa famille pour la Tabaski, un moment de paix et de partage, après avoir tenu des propos vifs à l’Assemblée nationale. Le procureur s’est autosaisi, et la Division spéciale de cybersécurité (DSC) a agi sans délai. Mais où est la compassion ? Où est la reconnaissance de sa vulnérabilité ? Dans un pays où la tradition de Teranga est souvent mise en avant, comment expliquer une telle rigidité ?

L’article se contente de rapporter les faits : des propos offensants, une arrestation, une audition à la DSC. Mais il omet l’essentiel : Azoura Fall n’est pas un citoyen comme les autres. Son cas soulève une question fondamentale : une société peut-elle se dire civilisée si elle traite de la même manière ceux qui souffrent et ceux qui sont en pleine possession de leurs moyens ? La réponse est non. En agissant ainsi, les autorités sénégalaises montrent qu’elles méconnaissent – ou pire, ignorent délibérément – la condition des personnes en situation de handicap mental. C’est une forme de violence institutionnelle, une preuve que la barbarie peut se cacher derrière des procédures judiciaires en apparence normales.

Premièrement, les diagnostics médicaux ne sont pas des opinions. Si des spécialistes ont confirmé ses troubles, c’est qu’ils existent. Deuxièmement, la liberté d’expression a des limites, mais la vulnérabilité aussi. Dans d’autres démocraties, les personnes en situation de handicap mental bénéficient de protections spécifiques, car on reconnaît qu’elles ne sont pas toujours responsables de leurs actes ou de leurs paroles. Enfin, quel message envoie-t-on en arrêtant un homme dont la santé mentale est fragile ? Celui d’une société qui préfère la répression à la compréhension, qui choisit la rigidité plutôt que l’humanité.

Regardons ailleurs. En France, au Canada ou en Afrique du Sud, les tribunaux prennent systématiquement en compte l’état mental des accusés. Des expertises psychiatriques sont réalisées, des circonstances atténuantes sont reconnues. Au Sénégal, en revanche, on semble considérer qu’une personne handicapée mentale doit répondre de ses actes comme n’importe qui d’autre. C’est une erreur, et une grave. Cela rappelle les pires heures de l’histoire, où l’on confondait la différence avec la dangerosité. Pire, cela place le Sénégal en deçà des standards internationaux en matière de droits humains.

L’arrestation d’Azoura Fall n’est pas qu’une affaire de propos offensants. C’est le symbole d’un système qui échoue à protéger ceux qui en ont le plus besoin. Je le dis avec fermeté : une société qui met sur un pied d’égalité les personnes en souffrance et les autres est une société barbare. Il est temps de reconnaître que la justice doit aussi être juste, et que l’humanité doit primer sur la procédure. Le Sénégal mérite mieux. Azoura Fall mérite mieux.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 02/06/202
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