L’enquête de Lighthouse Reports et de 14 médias, lève le voile sur un scandale trop souvent ignoré : VFS Global, ce géant indien de la sous-traitance des visas, transforme l’accès à la mobilité internationale en une machine à cash pour actionnaires, tandis que des milliers d’Africains s’endettent pour des rêves brisés. Je ne peux pas rester silencieux. Ce système, à mes yeux, est une arnaque institutionnalisée.
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Suite de l’article : VFS Global, détenue à 51 % par le fonds américain Blackstone, gère les demandes de visas pour 71 gouvernements dans 168 pays. En Afrique, de Dakar à Kinshasa, son nom est synonyme de frustration.
Pourquoi ? Parce que l’entreprise a fait des services optionnels (SMS, salons VIP, livraison par coursier) une source principale de profits : 30 % de son chiffre d’affaires mondial, jusqu’à 40 % dans certains pays africains. Pendant ce temps, les taux de rejet des visas pour les Africains atteignent 40 à 50 % (Ghana, Sénégal, Nigeria). En 2024, 68 millions de dollars ont été payés par des Africains pour des demandes… rejetées. Une aubaine pour les États riches, une double peine pour les candidats.
L’enquête révèle une stratégie agressive : des employés formés pour vendre ces services à tout prix, avec des primes alléchantes. Au Sénégal, un ex-salarié témoigne sous anonymat : « Le SMS était présenté comme quasi-obligatoire. » Au Kenya, des agents ajoutaient systématiquement les frais de SMS et de courrier sans consentement. Pire, des réseaux frauduleux – souvent montés par d’anciens employés – vendent des rendez-vous à 114–300 € (75 000–200 000 FCFA)… sans garantie de visa. À Kinshasa, un journaliste a filmé un employé de VFS exigeant 650 € pour un visa chinois, soit le double du tarif officiel.
VFS Global se défend : « Les services sont optionnels. » Mais quand un système est conçu pour exploiter la détresse – l’urgence d’un étudiant, l’espoir d’un entrepreneur – l’option devient une contrainte déguisée.
Les bénéfices opérationnels de VFS ont explosé de 31 à 171 millions d’euros entre 2017 et 2024, alors que le volume des demandes n’a augmenté que de 15 %. La valeur de l’entreprise ? 7 milliards de dollars en 2024 (contre 2,5 milliards en 2021). Qui profite ? Les actionnaires, pas les demandeurs.
L’UE a augmenté les frais de visa de 12,5 % en 2024, malgré des taux de rejet record. Comme le résume Paul Hermelin (ex-PDG de Capgemini), la politique française des visas est une « machine à mécontentement ». 10 000 déçus pour 3 000 visas étudiants au Sénégal : voici la réalité.
VFS ne viole pas la loi, mais profite d’un système restrictif imposé par les États. Les rapports de la Suède (2025) et de la République tchèque (2024) dénoncent une « pression excessive » pour vendre des services, avec un manque de transparence sur leur caractère optionnel.
Aux États-Unis, le programme ESTA (autorisation électronique de voyage) coûte 21 $, avec un taux d’approbation de 99 %. En Australie, le visa eVisitor est gratuit pour les Européens. En Afrique, on paie jusqu’à 200 €… pour un rendez-vous. La différence ? Le pouvoir de négociation. Les pays africains n’ont pas voix au chapitre.
Ce système n’est pas un accident : c’est le résultat d’une privatisation des frontières qui place le profit au-dessus des droits humains. Je refuse de normaliser cette exploitation. Les gouvernements africains doivent exiger des contrats transparents. Les États européens doivent mettre fin à l’outsourcing abusif. Et nous, citoyens, devons dénoncer cette arnaque.
Car un visa, ce n’est pas un luxe. C’est un droit. Et aujourd’hui, ce droit a un prix… trop élevé.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 14/06/2026
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