Matam : Des milliers de candidats sans acte de naissance - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Eva | Publié le 14/06/2026 06:06:00

Matam : Des milliers de candidats sans acte de naissance

Cette année, l’académie de Matam enregistre 11 582 candidats au Certificat de fin d’études élémentaires (CFEE) répartis dans 102 centres, 5 494 candidats au Brevet de fin d’études moyennes (BFEM) dans 68 centres et 5 023 candidats au Baccalauréat dans 25 centres.

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Suite de l’article : Lors du comité régional de développement consacré aux examens de fin d’année, les autorités ont signalé que 3 191 candidats au CFEE et 198 au BFEM ne possèdent pas d’acte de naissance dans la région de Matam. Une mesure empêche leur exclusion des épreuves, tandis que la régularisation des pièces d’état civil est vivement recommandée.

La carence documentaire se concentre sur trois inspections d’éducation et de formation (IEF): l’IEF de Matam recense 1 545 candidats sans acte de naissance au CFEE et 147 au BFEM, l’IEF de Kanel signale 1 350 cas au CFEE et 28 au BFEM, et l’IEF de Ranérou déclare 296 candidats au CFEE et 23 au BFEM dans la même situation. Les autorités de protection de l’enfance appellent à « une mobilisation accrue pour instaurer des solutions durables et garantir l’accès égalitaire à l’éducation pour tous les enfants ».

Les chiffres dressent un tableau concret des fragilités administratives: près de 27,5% des candidats au CFEE dans l’académie sont dépourvus d’acte de naissance, quand la proportion est d’environ 3,6% pour le BFEM. Ces écarts révèlent que le défaut d’inscription à l’état civil touche surtout le début du parcours scolaire, avec une concentration dans certaines circonscriptions. Les campagnes de sensibilisation et les audiences foraines organisées par les autorités administratives et judiciaires traduisent une réponse coordonnée, mais les données montrent que l’obstacle demeure au moment de la naissance ou durant la petite enfance.

L’absence d’acte de naissance n’est pas seulement un vide papier: elle compromet les procédures de vérification d’identité et d’âge. Sans documents fiables, les services d’examen disposent de moins de garanties pour confirmer l’identité des candidats, ce qui affaiblit la traçabilité des dossiers et complique les contrôles administratifs. Ce bricolage administratif, qui tolère l’inscription malgré le défaut de pièces, crée une zone grise exploitée potentiellement par des acteurs malveillants lors des examens ou pour de fausses attestations d’âge.

Les faits disponibles montrent que la tolérance a un coût statistique et opérationnel. Comparer l’IEF de Matam à l’IEF de Kanel met en lumière des concentrations locales très diverses, alors que la comparaison entre le nombre de candidats dépourvus d’acte et le total des inscrits au CFEE illustre l’ampleur du phénomène à l’échelle académique. Les autorités reconnaissent le risque administratif en recommandant la régularisation des dossiers, signe que la solution actuelle est temporaire et insuffisante pour sécuriser la fiabilité des épreuves.

Les efforts conjoints — sensibilisation, audiences foraines, mesures temporaires de maintien des candidats — constituent des réponses pragmatiques face à une réalité sociale et culturelle qui empêche encore l’enregistrement systématique des naissances. Ces actions restent toutefois des palliatifs tant que la couverture de l’état civil n’est pas généralisée et que les procédures de vérification ne sont pas renforcées.

La persistance de milliers de dossiers incomplets fragilise la crédibilité des examens dans une académie entière et transforme une mesure de protection en un artifice administratif à risque. Les chiffres parlent: sans actes de naissance fiables, la vérification d’identité devient aléatoire, la prévention de la fraude s’affaiblit et le respect des procédures officielles s’en trouve banalisé. La situation exige des solutions pérennes afin que la garantie de scolarisation ne devienne pas la porte ouverte à des irrégularités.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Fallou G.
Mis en ligne : 14/06/2026

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