Dj Boubs défend la dette cachée : Une déclaration qui choque - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - People | Par Eva | Publié le 27/09/2026 02:09:30

Dj Boubs défend la dette cachée : Une déclaration qui choque

La défense de l’opacité budgétaire au nom des chantiers est une provocation. Affirmer que la qualité de vie s’améliore parce que l’on cache des engagements financiers relève du simplisme dangereux.

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Suite de l’article : Le présentateur qui suggère « si cacher la dette signifie avoir le Train express régional, le BRT, les autoroutes… donc cachons la dette » joue avec l’idée que le résultat matériel exonère des règles de gestion publique. Cette posture mérite d’être démontée sans complaisance.

La réalité fiscale est moins séduisante que le slogan. La dette publique totale a été réévaluée à 132 % du PIB à la fin de 2024, contre 74,4 % précédemment déclaré pour 2023, avec des engagements non recensés estimés entre 7 milliards et 11 milliards de dollars (entre 4 025 milliards et 6 325 milliards F CFA). Ces chiffres exposent un fait simple: l’opacité transforme des projets visibles en charges invisibles, transférées aux générations futures. Les routes et les trains ne paient pas les intérêts; ce sont les citoyens qui supportent le fardeau quand la transparence fait défaut.

Les conséquences pratiques de cette logique sont multiples. Sans visibilité sur les engagements, l’État perd sa capacité à prioriser les dépenses, à négocier des conditions de financement raisonnables et à contrôler la qualité des marchés publics. Les marges de manœuvre budgétaire se réduisent, le coût de l’emprunt augmente, et la tentation de couper dans les services essentiels pour honorer des remboursements devient réelle. Cacher une dette revient à masquer une faiblesse: un foyer qui cache ses dettes pour continuer à consommer finit par faire face à des saisies; une entreprise qui maquille ses comptes finit par perdre la confiance des créanciers. La comparaison est crue, mais parlante.

La thèse selon laquelle la fin justifie le secret repose sur une conception utilitariste et court-termiste du développement. L’efficacité d’une infrastructure dépend autant de sa maintenance que de sa construction; la durabilité supposerait donc une logique financière claire, des audits indépendants, des contrats publics lisibles et une évaluation rigoureuse des retombées. Sans ces garde-fous, les chantiers deviennent des vitrines coûteuses et fragiles, semblables à des façades neuves qui cachent des murs lézardés.

Des exemples étrangers illustrent le piège: un pays qui a cédé à l’opacité pour accélérer des projets a vu le service de la dette exploser et l’investissement public s’effondrer; un autre qui a privilégié la transparence a réussi à attirer des financements à moindre coût et à prolonger la durée de vie de ses infrastructures. Ces comparaisons montrent qu’il ne s’agit pas d’un débat moral abstrait mais d’une question de rendement réel et de responsabilité collective.

La séduction des équipements visibles ne doit pas masquer l’addition invisible. La promesse d’un métro ou d’une autoroute ne dispense pas des bonnes pratiques budgétaires; elle les exige. Soutenir qu’il vaut mieux « cacher la dette » pour construire, c’est choisir l’illusion immédiate au détriment de la résilience. Le pays a besoin de projets bien pensés et financièrement soutenables, pas d’un théâtre d’ombres où la modernité se paie demain par l’austérité et l’incertitude. Le débat n’est pas entre infrastructures et éthique: il porte sur la capacité à bâtir pour durer, avec les comptes clairs et la responsabilité assumée.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Daouda F.
Mis en ligne : 27/09/2026

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