Budget 2027 : Les Sénégalais encore condamnés à payer la facture - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Maimouna | Publié le 07/11/2026 09:11:00

Budget 2027 : Les Sénégalais encore condamnés à payer la facture

Le projet de loi de finances initiale (PLFI) 2027 commence déjà à faire grincer des dents. Et pour cause : derrière les chiffres et les discours sur le redressement économique, ce sont encore les Sénégalais qui risquent de payer la facture.

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Suite de l’article : Le FRAPP tire la sonnette d’alarme et dénonce une politique d’austérité qui pourrait sacrifier les conditions de vie des populations sur l’autel des équilibres budgétaires.

Selon le mouvement, 792,1 milliards de FCFA de projets et de réalisations pourraient être abandonnés ou réduits. Une somme considérable qui aurait pu financer des infrastructures, améliorer les services publics et répondre aux besoins quotidiens des citoyens. Alors, une question mérite d’être posée : jusqu’à quand les Sénégalais devront-ils se serrer la ceinture pour réparer les erreurs de gestion de l’État ?

Le gouvernement parle de rationalisation des dépenses et de recentrage des investissements vers les projets les plus rentables. Mais cet argument commence à devenir lassant. Depuis 2024, les autorités affirment déjà vouloir sélectionner les projets prioritaires. Faut-il comprendre que les premières décisions n’ont pas suffi ou que les difficultés financières sont beaucoup plus profondes qu’on ne veut bien l’admettre ?

Autre sujet sensible : la réduction des subventions à l’énergie. Ramener leur coût à 1 % du PIB peut sembler raisonnable sur le papier. Mais dans les ménages, ce sont les factures d’électricité, le transport et le coût de la vie qui comptent. Réduire les subventions sans expliquer clairement les critères de ciblage et les mécanismes de protection des plus vulnérables, c’est prendre le risque de fragiliser davantage des familles qui peinent déjà à joindre les deux bouts.

L’exemple du Ghana est révélateur. Confronté à une grave crise de la dette, le pays a dû engager des mesures d’ajustement économique, notamment la suppression de certaines subventions et des négociations avec le FMI. Les conséquences sociales ont montré qu’un redressement financier ne peut durablement réussir si les sacrifices sont concentrés sur les citoyens les plus modestes.

Mais au Sénégal, le véritable débat devrait commencer par la dette. Le FRAPP réclame un audit citoyen pour déterminer comment elle a été constituée, dans quelles conditions et qui doit répondre des éventuelles irrégularités. C’est une exigence légitime. On ne peut pas demander indéfiniment des sacrifices aux populations sans leur donner des explications précises sur l’utilisation de l’argent emprunté.

Enfin, le silence autour de la monnaie éco soulève également des interrogations. Si son lancement est envisagé en 2027, le Sénégal doit expliquer sa position et ses préparatifs.

Le gouvernement ne peut pas réclamer la patience des Sénégalais tout en leur demandant de payer sans comprendre. La souveraineté ne se proclame pas uniquement dans les discours. Elle commence par la transparence, la responsabilité et la justice sociale. Avant de demander aux populations de faire de nouveaux sacrifices, l’État doit d’abord rendre des comptes.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 07/11/2026

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