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La mort de trois membres d’une même famille sur une moto fauchée par un camion sans freins provoque une colère froide et une accusation directe contre les autorités locales. Le ton n’est pas à la compassion tiède mais à la réprobation: laisser circuler un poids lourd dans cet état relève d’une négligence coupable. La responsabilité publique doit être mise en pleine lumière.
La collision est survenue sur l’axe reliant le centre-ville à la gare routière, près de la compagnie de gendarmerie, là où circulent chaque jour des familles et des commerçants. Un camion transportant du sable a perdu tout contrôle et a percuté une moto transportant quatre personnes, dont une femme enceinte et deux fillettes. Trois personnes ont été tuées sur le coup et un jeune homme a été grièvement blessé et hospitalisé.
Le fait que le camion circulait sans système de freinage fonctionnel révèle une défaillance systémique plutôt qu’un simple accident. Les services de contrôle technique sont censés inspecter les poids lourds avant leur mise en circulation, les services municipaux ont la charge de veiller aux itinéraires et aux conditions de sécurité, et les forces de l’ordre doivent appliquer les règles de prévention. Quand un véhicule dangereux roule à proximité d’une compagnie de gendarmerie, l’image choque parce qu’elle renvoie à l’absence d’action là où l’action est attendue. La question n’est pas seulement judiciaire, elle est politique: qui a autorisé ou laissé faire?
La première faute est celle de l’inaction: tolérer des poids lourds en mauvais état revient à accepter que des vies soient sacrifiées au nom de la fluidité du transport. La deuxième faute est celle du contrôle défaillant: les centres de contrôle technique et les services municipaux portent une part de responsabilité lorsque des inspections sont sporadiques ou corrompues. La troisième faute est celle de la priorisation: quand la sécurité routière n’est pas traitée comme une urgence, les familles paient le prix fort. Ce drame illustre l’écart entre les beaux discours sur la sécurité et la réalité des routes. Une comparaison s’impose: laisser circuler un camion sans freins revient à ouvrir une arène sans arbitre. Une autre comparaison montre l’absurde: c’est comme confier une clé à un véhicule prêt à basculer.
Les autorités locales doivent recevoir la lumière du débat public: il faut savoir qui a inspecté ce véhicule, quelles sanctions ont été prises contre les éventuels manquements et pourquoi les itinéraires dangereux n’ont pas été fermés. La responsabilité politique est aussi celle des décideurs qui n’ont pas financé des contrôles réguliers ou qui ont détourné des moyens vers d’autres priorités. Les familles de la victime exigent des réponses et la société exige des garanties pour que le même scénario ne se répète pas.
Des données issues d’études nationales montrent que la majorité des accidents mortels impliquant des poids lourds découle d’une défaillance mécanique ou d’un mauvais entretien. Des exemples récents dans d’autres villes ont mené à des campagnes d’inspection renforcée et à des interdictions temporaires de circulation, avec des résultats mesurables sur la baisse des accidents. Une enquête indépendante, des audits des centres de contrôle technique et la publication des rapports d’inspection apporteront la transparence nécessaire.
La tragédie vécue doit servir de révélateur: la responsabilité des autorités locales est engagée et la passivité n’est plus acceptable. Exiger des contrôles renforcés, des sanctions exemplaires et la transparence des inspections n’est pas une revendication abstraite mais une exigence de justice pour les familles fauchées. Tant que les routes resteront des zones de tolérance pour des véhicules dangereux, les citoyens continueront de jouer le rôle de victimes potentielles.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Demba Diop.
Mis en ligne : 16/01/2026
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