Homicide à Guinaw Rails : La grâce présidentielle qui a tourné au drame - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Fait divers | Par Eva | Publié le 26/01/2026 10:01:15

Homicide à Guinaw Rails : La grâce présidentielle qui a tourné au drame

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Un homicide s’est produit le lundi 12 janvier 2026 vers 18h à Guinaw Rails, où Ousmane Diagne, âgé de 40 ans et sans profession, a été mortellement poignardé au cours d’une altercation. La victime avait été libérée de détention il y a une semaine après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle accordée par le président Bassirou Diomaye Faye lors des festivités du Nouvel An. Le suspect, identifié comme M. Dasylva, âgé de 54 ans et se présentant comme menuisier, s’est rendu aux forces de police pour éviter un lynchage.

La scène du crime a été investie par les services du commissariat d’arrondissement de Guinaw Rails sous la direction du commissaire principal Pathé Gaye, qui a supervisé la constatation du corps. Les sapeurs-pompiers ont déposé le corps à la morgue après la découverte de trois blessures graves : une plaie au front, une au cou et une sous l’abdomen. L’arme présumée du crime, un couteau, a été retrouvée sur place par les enquêteurs. Le parquet de Pikine-Guédiawaye, dirigé par le procureur Saliou Dicko, a ouvert une enquête et le mis en cause a été placé en garde à vue pour meurtre.

Les éléments de l’enquête indiquent que la victime était suivie par le fichier de la police en raison d’antécédents judiciaires, ce qui explique sa présence sur la liste des bénéficiaires de la grâce présidentielle. D’après la déclaration recueillie par les enquêteurs, le mis en cause a affirmé que la victime l’aurait provoqué à maintes reprises avec des injures et des menaces de mort, et qu’une attaque à l’aide d’un tesson de bouteille aurait déclenché la riposte mortelle. Le portrait judiciaire de l’homme libéré et la rapidité du passage à l’acte soulèvent des interrogations factuelles sur l’efficacité des dispositifs de suivi post-libération et sur la capacité des autorités à prévenir des violences après une remise en liberté.

Le premier élément factuel problématique est la courte durée entre la remise en liberté et la commission d’un crime grave, puisque la victime est sortie il y a seulement une semaine avant son décès. Le second élément est l’existence d’antécédents connus par la police, ce qui pose une question sur les critères de sélection et sur la préparation des mesures de surveillance. Le troisième élément concerne l’impact sur la sécurité publique : une agression mortelle en milieu urbain peu après une grâce met en évidence des failles potentielles dans la coordination entre les services judiciaires et les services de probation ou de réinsertion. Ces faits documentés rendent nécessaire l’examen des procédures entourant la grâce et la gestion post-libératoire.

La grâce présidentielle, telle qu’elle a été appliquée dans ce cas précis, engage la responsabilité de l’État sur deux plans factuels. D’une part, la décision de libération a des conséquences directes sur la sécurité des quartiers concernés, puisque la libération rapide d’un individu connu pour des actes antérieurs a coïncidé avec un homicide. D’autre part, l’absence apparente de mesures de contrôle ou d’accompagnement renforcé après la remise en liberté questionne la responsabilité administrative et opérationnelle des autorités chargées de la réinsertion. La coïncidence temporelle entre grâce et récidive constitue un fait qui met en tension les objectifs humanitaires d’une mesure de clémence avec l’impératif de protection des populations.

Des comparaisons avec d’autres libérations collectives montrent que la réussite de la réinsertion dépend souvent de dispositifs de suivi, d’accès à l’emploi et de prise en charge sociale adaptés. Dans plusieurs juridictions, les organes de probation et les programmes de suivi post-carcéral réduisent le taux de récidive quand ils sont correctement financés et coordonnés. La présence d’un dossier judiciaire pour la victime et la rapidité du passage à l’acte ici observée offrent un cas concret pour évaluer les pratiques nationales en matière de grâce et les mécanismes de contrôle qui devraient accompagner une remise en liberté.

L’affaire de Guinaw Rails rassemble des faits qui posent des questions objectives sur la portée et les conséquences de la grâce présidentielle : une personne avec des antécédents judiciaires a été remise en liberté, elle a été impliquée dans une altercation meurtrière une semaine plus tard, et les autorités locales ont dû engager une enquête criminelle. Ces éléments factuels invitent à réexaminer les critères d’octroi de la grâce et les dispositifs concrets de suivi post-libération afin d’évaluer la capacité des institutions à concilier mesures de clémence et protection de la sécurité publique.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Sadikh Diop.
Mis en ligne : 26/12/2025

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