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Un accident de travail grave a frappé l’usine SONACOS de Ziguinchor dans la nuit du 11 au 12 janvier 2025, vers 3 heures du matin. Jacques Augustin Diatta, employé contractuel, a subi l’amputation de trois doigts de la main gauche et de la jambe gauche après la rupture d’une chaîne au niveau de la présérie. La victime reçoit des soins à l’hôpital régional de Ziguinchor. Les circonstances matérielles et le calendrier de l’incident soulèvent des questions précises sur la sécurité et la responsabilité de la direction de la SONACOS.
L’accident survient deux jours après une alerte publique émise le 9 janvier 2025 par les organisations de la société civile FRAPP Ziguinchor, Vision Citoyenne et ONA2J, qui dénonçaient des conditions de travail dangereuses au sein de l’usine. Ces organisations ont signalé que les employés étaient contraints de travailler sans tenues de sécurité ni équipements de protection individuelle. Le lieu exact de l’accident est la présérie, poste mécanique impliquant des chaînes et des organes en rotation, secteurs reconnus comme à haut risque sans dispositifs de protection appropriés. La victime est un contractuel, statut qui soulève des questions sur la formation, la couverture sociale et les équipements fournis.
La rupture d’une chaîne à un poste critique indique une défaillance mécanique immédiate, mais aussi potentiellement un défaut de maintenance préventive et de contrôle des équipements. La perte de membres par une victime montre l’absence ou l’insuffisance de protections collectives (carters, barrières) et individuelles (gants, chaussures de sécurité, protections jambe). Les alertes des organisations de la société civile, datées de deux jours avant l’accident, fournissent un élément chronologique important pour établir la chaîne de responsabilité. La présence d’un employé contractuel au poste, plutôt qu’un technicien permanent formé à la sécurité, pose la question des choix de gestion du personnel et des pratiques de délégation des tâches à risque. La direction de l’usine détient la responsabilité de l’état des machines, de la formation du personnel et de la fourniture des équipements de protection.
Les faits documentés permettent d’aligner plusieurs arguments factuels. D’abord, l’alerte préalable des organisations locales constitue un signal d’alarme concret et daté concernant l’absence de protections. Ensuite, l’accident survenu en l’absence apparente d’équipements de sécurité atteste d’un écart entre les règles attendues et la pratique sur le terrain. Enfin, la gravité des blessures infligées à un employé contractuel renforce l’exigence d’un examen administratif et humain des responsabilités de la direction. Ces éléments convergent vers une nécessité d’explication sur les politiques de maintenance, sur la disponibilité des pièces de sécurité et sur la distribution des équipements de protection individuelle.
Mettre en lumière la responsabilité de la direction implique d’exiger des réponses précises sur plusieurs points : l’existence d’un registre de maintenance pour la chaîne défaillante, la nature des consignes de sécurité diffusées aux salariés et aux contractuels, et la fourniture effective des EPI. La direction doit justifier les choix opérationnels qui ont conduit à exposer des salariés à un poste sensible pendant la nuit, moment où la supervision peut être réduite. La déclaration d’un responsable civil exprimant que les alertes étaient ignorées jusqu’à l’irréparable ajoute un élément factuel sur la perception locale du niveau de surveillance et de réaction de l’entreprise.
Les comparaisons avec des normes nationales et internationales de sécurité industrielle montrent que la protection des organes en mouvement et la fourniture d’EPI sont des obligations fréquentes dans les conventions sectorielles. Dans d’autres usines agro-industrielles de la région, des programmes de maintenance et de formation réguliers ont réduit les accidents graves, ce qui offre un cadre de comparaison opérationnel. Les données hospitalières régionales sur les accidents du travail pourraient permettre d’évaluer l’ampleur du phénomène localement et d’identifier des tendances liées aux statuts contractuels et aux postes de nuit.
Les éléments factuels réunis indiquent une série de manquements opérationnels autour de l’accident qui a coûté des membres à un employé contractuel. L’alerte publique émise deux jours auparavant, la nature mécanique de la rupture et la gravité des blessures convergent vers une mise en cause de la gestion de la sécurité par la direction de la SONACOS. Les autorités compétentes et la direction disposent désormais de données précises à vérifier : registre de maintenance, liste des équipements distribués et formation dispensée aux travailleurs. Une clarification rapide et documentée de ces points s’impose pour comprendre les responsabilités et prévenir d’autres drames.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Sadikh Diop.
Mis en ligne : 26/12/2025
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