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Une campagne d’affichage pour des préservatifs aromatisés, collée en plein centre de Dakar à proximité immédiate d’un lycée, a déclenché une vive controverse dans la capitale sénégalaise. L’affiche montre deux adolescents allongés dans une posture jugée suggestive, image visible des élèves, des parents et des passants. La présence de ce visuel dans l’espace public a posé des questions sur la gestion des messages à caractère sexuel près des établissements scolaires et sur la responsabilité des annonceurs et des autorités locales.
La réglementation publicitaire sénégalaise prévoit des règles générales destinées à protéger les consommateurs et à éviter les contenus inappropriés, mais elle laisse des zones d’interprétation sur les messages affichés à proximité des écoles. La société sénégalaise reste marquée par des valeurs religieuses et communautaires qui influencent la perception des représentations publiques de la sexualité. Les débats autour de cette campagne se sont prolongés dans les médias locaux et sur les réseaux sociaux, où des parents et des représentants communautaires ont exprimé leur inquiétude quant à l’exposition des mineurs à ce type de matériel promotionnel.
La juxtaposition d’un produit visant à promouvoir la santé sexuelle et d’un emplacement proche d’un établissement scolaire soulève plusieurs points factuels. D’abord, la visibilité d’un contenu à connotation sexuelle à hauteur d’œil des adolescents accroît la probabilité d’exposition non désirée, ce qui en fait un sujet sensible pour les familles. Ensuite, les limites pratiques de la régulation publicitaire rendent difficile la décision de retirer immédiatement un panneau sans décision administrative précise. Enfin, la campagne pince une corde culturelle : l’image d’adolescents suggère une normalisation de pratiques qui restent taboues dans certains segments de la population et fragilise la confiance entre familles, établissements scolaires et acteurs commerciaux.
Les faits montrent que la normalisation visuelle d’un produit sexuel dans l’espace public peut modifier le cadre de référence collectif. Quand des parents voient régulièrement des affiches explicites autour des écoles, la perception de protection du milieu scolaire diminue, et la confiance envers les institutions locales peut s’éroder. Des cas comparables dans d’autres villes ont déjà entraîné des pétitions locales et des demandes d’intervention municipale, ce qui illustre le risque d’escalade sociale. La proximité spatiale entre publicité et école réduit la marge d’appréciation des familles sur l’exposition de leurs enfants à certains messages. Sur le plan technique, les annonceurs disposent d’outils de ciblage géographique pour éviter ces frictions, ce qui rend l’argument de la maladresse moins convaincant face aux impacts constatés.
La campagne crée un précédent en laissant entendre que les contenus à connotation sexuelle peuvent trouver place dans l’espace public urbain près des lieux sensibles, ce qui risque d’éroder des normes communautaires établies et la confiance des familles. En normalisant ce type de communication visuelle, l’affichage peut banaliser la présence commerciale de la sexualité dans des lieux où la tutelle parentale et scolaire attend une certaine protection. Cette banalisation peut entraîner une multiplication d’initiatives similaires, chacune repoussant un peu plus les limites tacites de ce qui est acceptable à la vue des mineurs et des publics attachés aux valeurs locales.
Des acteurs de la santé publique rappellent que la promotion des outils de prévention, comme les préservatifs, a une place légitime dans les stratégies de sensibilisation, notamment pour réduire les infections sexuellement transmissibles et les grossesses précoces. Toutefois, les campagnes efficaces privilégient des canaux ciblés et des lieux adaptés, comme les centres de santé, les programmes éducatifs en milieu scolaire encadrés ou les médias destinés aux adultes. Un exemple de comparaison montre que des villes ayant instauré des chartes d’affichage et des périmètres protégés autour des écoles ont réduit les conflits entre annonceurs et communautés sans empêcher l’accès à l’information de prévention pour les adultes.
Les faits rassemblés indiquent que la diffusion de cette affiche près d’un lycée a provoqué une rupture de confiance et posé un enjeu concret de régulation. La tension entre prévention sanitaire et respect des valeurs communautaires reste palpable, et l’incident illustre le besoin d’un cadrage clair des lieux d’affichage et des responsabilités des annonceurs. Les autorités locales, les acteurs de la santé et les représentants communautaires disposent d’éléments factuels pour ouvrir des discussions sur des règles pratiques, afin d’éviter que ce type de campagne ne devienne le nouveau standard visuel autour des écoles.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Pascaline Gomis.
Mis en ligne : 28/01/2026
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