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Le rappeur Baba Ndiaye, connu sous le nom de King Baba, s’est exprimé publiquement au Sénégal à propos de sa liberté artistique et de son absence de toute affiliation politique, à quelques mois des Jeux Olympiques de la Jeunesse organisés dans le pays. Il a déclaré récemment: « Ma liberté n’a jamais été, et ne sera jamais, une déclaration d’allégeance politique ». Cette prise de parole intervient alors que sa présence n’a pas été retenue pour la programmation officielle des JOJ.
Je suis frappé par la franchise de ces mots et par ce qu’ils disent du rôle de l’artiste dans la cité, et j’estime que la défense de cette liberté est un modèle pour renforcer la démocratie et le dialogue social.
La scène culturelle sénégalaise vit une période d’effervescence, avec des jeunes talents qui cherchent reconnaissance nationale et internationale, tandis que les grandes manifestations publiques deviennent des vitrines symboliques du pays.
Je défends l’idée que la posture de King Baba illustre comment l’art peut fortifier la démocratie sans se confondre avec un engagement partisan. D’abord, l’affirmation de neutralité politique de l’artiste rappelle que la création est un espace d’autonomie où se négocient des vérités individuelles et collectives. Quand un rappeur parle du chômage, de l’espérance ou de l’injustice, il nourrit la conversation publique sans livrer son bulletin de vote. Cette distinction rend possible un débat moins polarisé et plus attentif aux enjeux réels des citoyens.
Ensuite, l’exclusion d’un artiste influent de la programmation d’un événement national pose une question de représentation. Une vitrine comme les Jeux Olympiques de la Jeunesse devrait montrer la diversité des voix du pays, des pionniers aux jeunes émergents. Exclure une figure emblématique pour des raisons supposées politiques appauvrit l’image projetée à l’étranger et affaiblit le dialogue intérieur. J’observe que la culture fonctionne comme un pont entre les communautés; elle rassemble mieux quand elle accueille les contradictions plutôt que quand elle les évite.
Troisièmement, la liberté artistique sert de contrepoids aux dérives de la communication politique. Un artiste libre peut rappeler aux dirigeants leurs promesses, interroger les citoyens sur leurs choix, et proposer des imaginaires alternatifs. La confiance dans cette liberté favorise l’expression citoyenne et la responsabilité collective. À titre d’exemple, on peut comparer la situation à d’autres pays africains où des musiques contestataires ont précédé des réformes sociales, et, par contraste, à des contextes où la culture a été normalisée et a perdu sa capacité critique.
Je soutiens que garantir la liberté d’expression artistique est un investissement pour la démocratie. Premièrement, cela stimule la participation civique: des œuvres qui racontent des vies incitent à la discussion et à l’engagement. Deuxièmement, cela renforce la crédibilité des institutions culturelles: ouvrir les scènes à des voix variées prouve que ces institutions ne servent pas des intérêts restreints. Troisièmement, cela favorise l’innovation artistique et économique: la diversité culturelle attire des publics nouveaux et nourrit des filières créatives.
Enrichir ce propos avec des données qualitatives suffit ici: les festivals qui multiplient les genres attirent des publics plus larges et génèrent des retombées touristiques et éducatives. La présence d’un artiste comme King Baba sur une grande scène nationale aurait envoyé un message fort en faveur d’une culture inclusive.
Je crois que la défense publique de la liberté par King Baba est une leçon pour notre pays: l’art peut consolider la démocratie sans devenir l’émanation d’un parti. En privilégiant l’ouverture des espaces culturels et la pluralité des voix, les décideurs rendront service à la jeunesse, à la créativité et au débat national. J’espère que les prochaines programmations sauront rassembler au lieu d’exclure, et que la République continuera à reconnaître que la dignité d’un artiste tient aussi à sa liberté de parler vrai.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Rémi Gueye.
Mis en ligne : 09/02/2026
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