Bassirou Kébé limogé : La SN-HLM au bord de la politisation - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Eva | Publié le 20/02/2026 03:02:00

Bassirou Kébé limogé : La SN-HLM au bord de la politisation

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Le Conseil des ministres du 18 février 2026 a annoncé le départ de Bassirou Kébé de la direction générale de la SN-HLM et la nomination d’Abdourahmane Dabo à la tête de la Société Nationale des Habitations à Loyer Modéré au Sénégal. La décision intervient à Dakar dans un contexte où la production et la gestion de logements sociaux restent des missions publiques prioritaires. Le secteur fait face à une demande croissante de logements abordables pour les ménages sénégalais.

Le changement prend la forme d’une nomination discrète, sans communication détaillée sur les motifs du départ ni sur le bilan du directeur sortant, ce qui alimente l’inquiétude parmi les observateurs et les acteurs du logement social.

La SN-HLM est chargée de la production et de la gestion de logements sociaux sur l’ensemble du territoire national, mission stratégique pour la politique d’habitat au Sénégal. La transparence des nominations à la tête d’une telle institution compte pour la qualité des projets.

La succession chamboule une structure qui gère des programmes sensibles de construction et d’allocation de logements. Le manque d’explication publique sur le départ de Bassirou Kébé réduit la capacité d’évaluation citoyenne du travail accompli et ouvre la porte aux suspicions. Lorsque les décisions de nomination s’effectuent sans critères annoncés, les risques de clientélisme augmentent: affectations d’agréments, priorités de livraison orientées vers des zones politiquement favorables, et sélection des marchés publics en fonction de réseaux plutôt que de prix et de qualité.

La SN-HLM hérite d’équipes techniques, de opérateurs privés partenaires et d’allocataires en attente. Toute altération de l’indépendance managériale peut provoquer des retards de chantier et des surcoûts. Des études sur la gouvernance des organismes publics montrent qu’une autonomie affaiblie favorise la détérioration des performances opérationnelles et des contrôles internes. La nomination d’Abdourahmane Dabo se fera donc sous la vigilance des bénéficiaires et des bailleurs.

Le premier argument repose sur la transparence: l’absence de communication sur les raisons du remaniement empêche de vérifier si la décision répond à un calendrier technique, à des objectifs de performance, ou à des logiques politiques. Le second argument porte sur la compétence et l’indépendance: sans indication publique sur le parcours et le programme du nouveau directeur, il est difficile d’évaluer sa capacité à résister à des pressions externes. Le troisième argument concerne l’impact sur les projets: la fragilisation de la gouvernance est souvent corrélée à une baisse de la qualité de construction et à des procédures d’attribution moins rigoureuses.

Ce changement ressemble à une manœuvre politique favorisant le clientélisme, car il suit un schéma fréquent de nominations rapides sans justification publique, un schéma comparable à d’autres secteurs où les remaniements ont modifié l’exécution des politiques publiques. On peut comparer la situation à celle d’organismes dont l’indépendance a été érodée par des rotations administratives non transparentes, et aussi la comparer aux agences internationales de logement qui publient des critères de gouvernance pour préserver la qualité des programmes. Les conséquences possibles comprennent une baisse de confiance des partenaires financiers et une montée des contestations lors des attributions de logements.

Des éléments concrets à suivre dans les prochaines semaines incluent la publication d’un organigramme clarifié, la communication d’un plan d’action signé par le nouveau directeur, l’ouverture des procédures d’appel d’offres avec calendrier, et le maintien des audits internes ou externes. La restitution publique de ces éléments permettra de mesurer si la nomination renforce ou fragilise l’institution.

La nomination d’Abdourahmane Dabo succédant à Bassirou Kébé place la SN-HLM à un tournant sensible: la structure reste « stratégique » pour répondre aux besoins de logement, mais la manière dont s’opère la transition pèsera sur sa crédibilité. Sans transparence et garanties de gouvernance, le risque d’influence politique mettant en péril l’indépendance administrative et la qualité des projets de logement social demeure élevé, et la confiance des citoyens et des partenaires risque d’en pâtir.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Babacar Kane.
Mis en ligne : 20/02/2026

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top