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L’appel de Madiambal Diagne en faveur d’une évacuation sanitaire pour Ndeye Khady Ndiaye, ancienne gérante du salon Sweet Beauté et figure centrale de l’affaire Adja Sarr, a suscité un débat passionné. Présenté comme un geste humanitaire et civique, cet appel mérite une lecture plus nuancée. Si la santé de toute personne doit être préservée, il est légitime de s’interroger sur les motivations réelles d’une telle initiative, surtout lorsqu’elle émane d’un acteur médiatique aussi controversé que Madiambal Diagne.
Je soutiens que cette demande, loin d’être purement altruiste, s’inscrit dans une logique de manipulation de l’opinion publique et de politisation d’un dossier judiciaire déjà fortement polarisé.
Ndeye Khady Ndiaye est une actrice clé de l’affaire Adja Sarr, qui oppose la masseuse Adji Sarr à l’opposant Ousmane Sonko. Son rôle, ses déclarations et ses plaintes successives ont alimenté les tensions politiques et judiciaires au Sénégal depuis 2021. Récemment, son état de santé s’est gravement détérioré, la plaçant « entre la vie et la mort » selon des sources proches. Dans ce contexte, Madiambal Diagne, journaliste et administrateur du groupe Avenir Communication, a publiquement plaidé pour son évacuation vers un pays offrant des soins adaptés et une sécurité totale, arguant que « sa voix de vérité ou de mensonge ne devrait pas se taire ».
L’argumentaire de Madiambal Diagne repose sur deux piliers : l’humanitaire et le sociétal. Sur le plan humanitaire, il est indéniable que toute personne malade a droit aux meilleurs soins. Cependant, la manière dont cette demande est formulée – en public, sur les réseaux sociaux, et avec une insistance médiatique – soulève des questions. Pourquoi une telle urgence à évacuer Ndeye Khady Ndiaye, alors que le système de santé sénégalais, bien que perfectible, est capable de prendre en charge des cas critiques ? La réponse réside peut-être dans le second pilier : son rôle dans l’affaire Adja Sarr. En insistant sur la nécessité de préserver sa « voix », Diagne semble moins préoccupé par sa santé que par le maintien d’un témoin dont les déclarations pourraient influencer l’opinion et la justice.
Les réactions du public et des observateurs sont révélatrices. Certains y voient une manœuvre pour discréditer le camp adverse, d’autres une tentative de sauver une figure dont la crédibilité est régulièrement remise en cause. Par ailleurs, Ndeye Khady Ndiaye elle-même a été accusée de manipulations et de contradictions dans ses versions des faits, ce qui affaiblit la légitimité de son statut de « voix cruciale ».
Premièrement, l’évacuation sanitaire d’un témoin clé dans une affaire aussi sensible pose un problème éthique et juridique. Dans des contextes similaires, comme l’affaire du sang contaminé en France ou les procédures judiciaires israéliennes impliquant des témoins sous pression, les évacuations ont souvent été perçues comme des tentatives d’influencer le cours de la justice ou de protéger des intérêts partisans. Deuxièmement, Madiambal Diagne n’est pas un acteur neutre : son engagement politique et ses prises de position passées en font une figure polarisante, dont les motivations sont régulièrement questionnées. Enfin, la santé de Ndeye Khady Ndiaye, bien que préoccupante, ne justifie pas à elle seule une mobilisation aussi médiatisée, sauf si l’on considère que sa parole est un enjeu stratégique.
À l’international, des cas comme celui de Mohammed Halabi, travailleur humanitaire de World Vision accusé par Israël, montrent comment les témoins peuvent être instrumentalisés ou empêchés de témoigner pour des raisons politiques. Au Sénégal, l’affaire Ndeye Khady Ndiaye rappelle ces dynamiques : sa parole est tantôt glorifiée, tantôt discréditée, selon les camps. La demande d’évacuation, dans ce contexte, apparaît moins comme un acte de compassion que comme une stratégie pour contrôler le récit judiciaire.
Si l’on ne peut que souhaiter à Ndeye Khady Ndiaye un prompt rétablissement, il est essentiel de distinguer l’humanitaire du politique. L’appel de Madiambal Diagne, sous couvert de solidarité, semble avant tout servir des intérêts médiatiques et partisans. Laisser une voix se taire par négligence serait une faute ; mais la faire parler sous pression ou manipulation serait tout aussi grave. La transparence et l’éthique commandent de traiter cette affaire avec prudence, en évitant de transformer un drame humain en outil de propagande.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 21/02/2026
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