Deux ex-ministres sur la sellette : L’ombre du Fonds Covid plane encore - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Eva | Publié le 25/02/2026 03:02:00

Deux ex-ministres sur la sellette : L’ombre du Fonds Covid plane encore

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Le lundi 23 février 2026 à 11 heures, l’Assemblée nationale du Sénégal se réunira en séance plénière pour examiner des projets de résolution visant la mise en accusation de deux ex-ministres: Abdoulaye Diouf Sarr, ancien ministre de la Santé, et Moussa Bocar Thiam, ancien ministre de la Communication et des Télécommunications. La procédure fait suite à une saisine du ministère de la Justice dans le cadre de la reddition des comptes liée aux fonds Covid-19.

Après ces faits, la convocation interpelle par son calendrier et par le contexte politique du pays. Les deux anciens ministres ont servi sous le gouvernement de Macky Sall et leurs dossiers portent sur la gestion des fonds mobilisés pendant la pandémie. Abdoulaye Diouf Sarr a publié une réaction sur sa page Facebook affirmant que « le rapport de la Cour des comptes relatif à la gestion des fonds Covid-19 ne m’a imputé aucune infraction financière ».

La saisine judiciaire a été transmise à la représentation nationale pour décision, procédure prévue par la Constitution pour traduire des membres de gouvernement devant la Haute Cour de justice. Le contexte politique comprend des tensions électorales et des oppositions récurrentes entre majorité et ex-responsables gouvernementaux.

La convocation présente plusieurs éléments factuels susceptibles d’alimenter l’interprétation d’une visée politique. D’abord, la transmission du dossier au Parlement provient du ministère de la Justice, institution qui peut agir à la fois sur des bases judiciaires et sous influence politique lorsque les enquêtes recoupent des personnalités publiques. Ensuite, le moment choisi pour porter ces projets de résolution coïncide avec des échéances politiques nationales, ce qui soulève des questions sur l’opportunité et l’équité procédurale. Le dossier relatif aux fonds Covid-19 a déjà fait l’objet d’un audit public: le rapport de la Cour des comptes n’aurait pas attribué d’infraction financière directe à Abdoulaye Diouf Sarr selon sa déclaration publique, information qui fragilise la perception d’une poursuite exclusivement fondée sur des preuves comptables.

La première série d’arguments factuels met en évidence des risques institutionnels accessibles par des données vérifiables: l’usage des mécanismes de mise en accusation par l’Assemblée nationale peut servir à sanctionner politiquement des adversaires quand la séparation des fonctions judiciaires et politiques est mal assurée. La deuxième ligne d’arguments repose sur la chronologie: des procédures initiées après la fin d’un mandat ou lors d’un basculement politique ont souvent une dimension de rétribution, comme l’illustrent précédents nationaux et comparaisons régionales où des poursuites politiques ont suivi des alternances gouvernementales. La troisième série d’arguments s’appuie sur la transparence des pièces: l’existence d’un rapport d’audit public sans imputations financières claires alimente l’appel à un examen rigoureux des motifs présentés au Parlement.

En comparant la situation sénégalaise à d’autres pays de la région, on observe que la politisation des procédures de destitution détériore la confiance dans les institutions judiciaires et parlementaires. Lorsque une mise en accusation intervient dans un contexte de rivalités politiques et que les éléments comptables publics ne montrent pas de faute explicite, la convocation prend l’allure d’une réponse politique plus que d’une quête de vérité judiciaire. Ces faits, pris ensemble, révèlent un risque réel d’affaiblissement de l’équilibre républicain et de perte de crédibilité dans la gouvernance.

Les textes constitutionnels sénégalais prévoient la Haute Cour de justice pour juger les membres du gouvernement. Des précédents judiciaires dans la sous-région montrent des calendriers procéduraux corrélés à des cycles politiques, et des rapports d’audit contradictoires ont souvent compliqué l’appréciation publique de la responsabilité financière.

La convocation du 23 février est un acte institutionnel formel mais elle survient dans un climat politique chargé et sur la base d’un dossier dont certaines pièces publiques ne mettent pas en évidence d’infractions financières imputées clairement. Les faits rassemblés soulignent une tension entre procédure judiciaire et enjeux politiques, tension qui menace l’équilibre des institutions et la confiance citoyenne si l’examen parlementaire ne s’appuie pas sur une transparence complète et sur des preuves irréfutables.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Babacar Kane.
Mis en ligne : 25/02/2026

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