18 ans d’injustice : Combien de temps encore pour Bocar Samba Dièye ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Eva | Publié le 25/04/2026 03:04:15

18 ans d’injustice : Combien de temps encore pour Bocar Samba Dièye ?

Le dossier oppose Bocar Samba Dièye, opérateur économique sénégalais âgé de 93 ans, à la CBAO depuis 2008 à Dakar, pour des prélèvements bancaires contestés et la restitution de sommes litigieuses. Un rapport d’expertise judiciaire conclut à l’absence de traites valides et réclame la restitution de milliards de FCFA, tandis que l’État a tenté une médiation sans résultat apparent. Les parties réclament des décisions claires depuis des années.

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Suite de l’article : Je dis les faits sans détour: dix-huit années de procédure pour un homme nonagénaire, des millions débités, un rapport judiciaire qui parle et des institutions qui regardent ailleurs. Cette réalité m’indigne. Laisser un vieillard se battre contre une banque et contre l’obscurité administrative, c’est exposer la faille humaine de nos systèmes et montrer l’indifférence institutionnelle à son plus mauvais visage.

Le litige porte sur 5,6 milliards de FCFA débités, 2,6 milliards d’agios et 388 millions de frais divers selon l’expertise. L’Association des clients et sociétaires des institutions financières africaines demande une médiation efficace et une prise de position de l’État.

Je refuse l’idée que la justice puisse être muette face à une expertise si nette. Quand un expert judiciaire écrit qu’aucune traite ne justifie les prélèvements, il ne s’agit pas d’un avis de café, mais d’une feuille de route pour rétablir la justice. Pourtant, la lenteur et la passivité qui entourent ce dossier révèlent autre chose: un défaut d’humanité institutionnelle. On peut comparer cette indifférence à un désert administratif où se perdent les droits des plus fragiles. On peut aussi comparer la situation à une pendule cassée: elle continue d’afficher l’heure pendant que la vie du plaignant s’écoule.

L’âge de Bocar Samba Dièye rend l’affaire insupportable moralement. À 93 ans, un citoyen devrait recevoir protection, écoute et célérité, pas un enchevêtrement procédural qui l’oblige à quémander ce qui lui appartient. Je vois dans cette histoire la révélation d’un système qui préfère l’immobilisme à la réparation, la discrétion à la transparence. Les autorités qui se limitent à des courriers sans effets contribuent à ce naufrage moral.

Premièrement, il y a la preuve technique: l’expertise judiciaire. On ne peut balayer un rapport commandé par la justice elle-même comme si c’était une opinion parmi d’autres. Deuxièmement, il existe une dimension éthique: laisser un nonagénaire attendre la réparation revient à sanctifier l’injustice par la lenteur. Troisièmement, la posture des institutions envoie un message toxique à la société: les citoyens âgés n’ont pas d’alliés solides contre la puissance financière. Cette situation mine la confiance publique et creuse l’écart entre la loi affichée et la loi appliquée.

En approfondissant, on constate des précédents où des banques ont été condamnées après des expertises similaires, et pourtant les décisions tardent ou s’émoussent. Le cas présent illustre un mélange de complexité financière et de laisser-faire administratif qui profane la dignité des aînés. J’entends la phrase combatif de son défenseur: « Dix-huit ans que nous alertons, dix-huit ans de combat contre un monstre financier », et elle sonne comme une accusation qui dépasse le dossier individuel.

Les montants en jeu ici équivalent à la somme de plusieurs projets sociaux locaux, ce qui renforce le scandale: des ressources privées injustement prélevées pendant que l’intérêt général attend. Les mécanismes de recours existent, mais ils exigent des ressources et de la vigueur institutionnelle que ne possède pas tout justiciable, surtout un nonagénaire.

Je suis convaincu que la manière dont l’État et les institutions traitent ce dossier en dit long sur notre humanité collective. Permettre à une banque de laisser en souffrance un homme de 93 ans, malgré un rapport judiciaire favorable, est indéfendable. La réparation ne serait pas seulement financière: elle serait un signe public que la société protège ses aînés face aux abus de pouvoir. Tant que ces réponses resteront timides, nous continuerons à mesurer l’étendue de notre indifférence.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 25/04/202
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