Je me permets de revenir sur l’article des Échos concernant la détention prolongée de Farba Ngom, député incarcéré depuis plus d’un an sans jugement, malgré des décisions judiciaires en sa faveur. Ce cas, qui a alerté l’Union interparlementaire (UIP), est révélateur d’un dysfonctionnement profond de notre système judiciaire.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Suite de l’article : Mon analyse sera sans concession : cette situation est inacceptable, et les réponses apportées par les autorités, notamment la transmission de la requête de l’UIP au ministre de la Justice, soulèvent des questions troublantes sur l’indépendance des institutions.
Farba Ngom, député et figure politique, est détenu depuis plus d’un an sans qu’un procès n’ait eu lieu. Malgré des décisions de justice ordonnant sa libération, il reste incarcéré. L’UIP, organisation internationale chargée de veiller au respect des droits des parlementaires, a saisi le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, pour exiger des explications. Celui-ci a choisi de transmettre la requête à la ministre de la Justice, Yassine Fall, une décision qui, à mes yeux, illustre une confusion des rôles et une dépendance inquiétante envers l’exécutif.
L’absence de jugement : Un élu, comme tout citoyen, a droit à un procès équitable dans un délai raisonnable. Plus d’un an de détention sans jugement est une violation flagrante de ce principe. La saisine du ministre de la Justice: En transmettant la requête de l’UIP à Yassine Fall, El Malick Ndiaye semble ignorer la séparation des pouvoirs. Le Parlement, en tant qu’institution indépendante, devrait être capable de traiter cette affaire sans recourir à l’exécutif. Cette attitude renforce l’idée que la justice sénégalaise est soumise à des influences politiques, ce qui est intolérable dans un État de droit.
Aucune démocratie ne peut tolérer qu’un élu, chargé de représenter le peuple, soit privé de liberté sans jugement. Cela s’apparente à une détention préventive abusive, qui mine la crédibilité de notre système judiciaire.
La décision de saisir le ministre de la Justice, plutôt que de traiter l’affaire en interne, montre une faiblesse institutionnelle. Le Parlement doit être le garant des droits de ses membres, et non un relais de l’exécutif.
L’intervention de l’UIP est un signal d’alarme. Si des organisations internationales s’inquiètent, c’est que la situation est grave. Ignorer leurs préoccupations, c’est risquer de ternir l’image du Sénégal sur la scène internationale.
Dans des démocraties établies, comme la France ou l’Allemagne, un député bénéficierait d’une protection renforcée contre les détentions arbitraires, et son immunité ne serait levée qu’après un vote parlementaire transparent. Au Sénégal, la levée d’immunité semble souvent utilisée comme un outil politique, et non comme une garantie de justice. Cette pratique rappelle des cas observés dans des régimes autoritaires, où la justice est instrumentalisée pour écarter des opposants.
L’affaire Farba Ngom est un symbole de ce qui ne va pas dans notre justice. Plus d’un an sans jugement, une immunité levée sans suite claire, et une institution parlementaire qui semble attendre des instructions de l’exécutif : tout cela est inacceptable. Je ne demande pas une faveur pour Farba Ngom, mais simplement que la justice fasse son travail. Qu’on le juge, ou qu’on le libère. Mais qu’on cesse de le maintenir dans cette zone grise qui discrédite nos institutions. La crédibilité de la justice sénégalaise est en jeu, et il est urgent d’agir pour la restaurer.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 29/04/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.





