Je lisais ce 20 mai un article qui, malgré son ton mesuré, sonne comme un avertissement sans fard : les tensions entre Abass Fall et Khoureychi Thiam menacent l’unité de Pastef à un an des élections territoriales.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Suite de l’article : Et je m’inquiète. Non pas pour le parti en soi, mais pour ce que cette division révèle d’un problème bien plus grand : l’incapacité chronique des formations politiques africaines à gérer leurs ambitions internes une fois le pouvoir conquis.
Dakar n’est pas une collectivité comme les autres. Avec 26 à 31 % de l’électorat national, la capitale est un baromètre politique. Une défaite ici, et c’est tout le récit du « changement » porté par Pastef qui s’effrite. Or, aujourd’hui, le parti de Sonko semble préférer les querelles de cour aux préparatifs électoraux. Abass Fall, maire fraîchement élu, dénonce déjà les « dérives du système Pastef », tandis que Khoureychi Thiam et ses soutiens sont accusés d’indiscipline. À croire que le pouvoir a suffi à réveiller les vieux démons du clientélisme et des luttes de positionnement.
Ousmane Sonko doit arbitrer, vite. Mais comment y parvenir quand les ego dépassent l’intérêt collectif ? Les signes sont accablants : lors d’une marche récente, Sonko a même rebroussé chemin, excédé par les tensions. À Dakar, Abass Fall tance publiquement ses adversaires internes. On est loin de l’image unie du parti qui a balayé les législatives de 2024.
Pire, on frôle la caricature des partis africains où les rivalités personnelles étouffent le projet commun. L’ANC en Afrique du Sud, le PDP au Nigeria… Combien de fois avons-nous vu des formations s’autodétruire par orgueil, alors même qu’elles détenaient les rênes du pays ?
D’abord, le timing est catastrophique : à un an des territoriales, chaque énergie gaspillée en conflits internes est une victoire offerte à l’opposition. Ensuite, Dakar est un symbole. Perdre la capitale, ce serait admettre que Pastef, parti du « nouveau départ », reproduit les erreurs du passé. Enfin, l’histoire se répète. Les partis au pouvoir en Afrique peinent souvent à concilier discipline interne et gestion des ambitions. Le Nigeria, avec ses équilibres Nord-Sud imposés par la constitution des partis, montre que même des mécanismes formels ne suffisent pas toujours. Chez Pastef, on en est encore à l’improvisation.
En Afrique du Sud, les luttes internes à l’ANC ont affaibli son leadership, ouvrant la voie à des revers électoraux historiques. Au Kenya, les coalitions fragiles explosent souvent sous le poids des ego. Le Sénégal mérite mieux que ce scénario éculé.
Alors oui, je le dis avec fermeté, mais sans agressivité : si Ousmane Sonko ne prend pas le taureau par les cornes, Pastef risque de passer de l’espoir à la déception. L’unité n’est pas un luxe, c’est une condition de survie. Et à Dakar, chaque division est une faille dans laquelle l’opposition s’engouffrera. Le vrai test du pouvoir, ce n’est pas de le conquérir, mais de le garder sans se déchirer. Pour l’instant, le parti de Sonko est en train d’échouer à ce test. Et c’est dommage.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 30/05/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.




