Trump temporise face à l’Iran : La paix encore hors de portée - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - International | Par Eva | Publié le 26/05/2026 09:05:00

Trump temporise face à l’Iran : La paix encore hors de portée

Le président Donald Trump a tempéré dimanche 24 mai les espoirs d’un accord imminent entre les États-Unis et l’Iran visant à mettre fin à la guerre régionale.

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Suite de l’article : Il a écrit sur sa plateforme Truth Social qu’il avait demandé à ses représentants de « ne pas se précipiter » et qu’un blocus des ports iraniens resterait en place « jusqu’à ce qu’un accord soit conclu, certifié et signé ». Un haut responsable cité par Axios a précisé que la Maison Blanche ne s’attendait pas à un accord scellé ce même jour.

Le conflit, déclenché le 28 février après une attaque américano-israélienne sur l’Iran, a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et a entraîné un quasi-blocage du détroit d’Ormuz depuis près de trois mois.

La série de faits rend la prudence affichée par la Maison Blanche plus complexe qu’une simple précaution. Les négociations en cours prévoient le déblocage partiel d’avoirs iraniens et la poursuite des pourparlers pendant trente jours selon des sources citées par CBS News, mais des agences iraniennes rapportent que les États-Unis bloquent toujours certaines clauses, notamment la libération immédiate de fonds gelés. L’Iran exige la remise d’une partie de ses avoirs dès la première étape, et Tasnim a indiqué en fin de journée que ces points restaient « irrésolus ». Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a pour sa part déclaré que la question nucléaire n’était pas incluse « à ce stade » dans l’accord discuté.

Plusieurs éléments concrets alimentent l’hypothèse d’une stratégie dilatoire. D’abord, le maintien du blocus et l’annonce publique de conditions strictes renforcent le levier américain tout en retardant la remise en cause effective des pressions économiques. Ensuite, la demande d’un mécanisme clair pour garantir la libération progressive des avoirs, tout en laissant des clauses à renégocier, crée un calendrier flexible qui profite à une partie souhaitant gagner du temps.

Enfin, les divergences entre Washington et ses alliés sont visibles: Benjamin Netanyahu a insisté pour qu’un accord final « élimine entièrement la menace nucléaire », tandis que des responsables américains évoquent une solution négociée ouvrant le passage d’Ormuz sans céder sur certains verrous politiques.

Ces faits prennent sens si l’on compare la position présidentielle avec celle du Premier ministre israélien: la première mise sur la maîtrise du calendrier, l’autre sur l’intensification militaire. On peut aussi comparer la dynamique actuelle avec la première séance infructueuse d’Islambad le 11 avril, qui montre qu’un cycle de pourparlers prolongés n’a pas encore abouti à des garanties durables.

Des données chiffrées soulignent les enjeux: avant la crise, le détroit d’Ormuz faisait transiter environ un cinquième des hydrocarbures consommés mondialement, et l’impasse sur les sanctions pétrolières, gaz et pétrochimie menace l’économie iranienne et les marchés internationaux si le blocus perdure. Le médiateur pakistanais Shehbaz Sharif a annoncé l’espoir d’une nouvelle séance rapide, mais les conditions préalables restent floues.

Dans ce contexte, la lecture selon laquelle la prudence présidentielle masque une stratégie dilatoire s’appuie sur des éléments vérifiables: annonce publique de temporisation, maintien du blocus, blocages sur le dégel des avoirs, calendrier extensible et frictions avec des alliés exigeant des garanties plus dures. Ces indices n’établissent pas une intention définitive mais dressent un tableau où l’option politique et la préservation d’avantages stratégiques semblent guider les modalités de négociation, au risque de retarder une sortie de crise réellement durable.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Xavier S.
Mis en ligne : 26/05/2026

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