Mayoro Faye, secrétaire général adjoint chargé des relations internationales du Parti démocratique sénégalais (PDS), a déclaré hier sur la radio RSI dans l’émission « En Vérité » que le PDS reste dans l’opposition et prépare son retour au pouvoir avec un nouveau projet politique élaboré en collaboration avec Karim Wade.
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Suite de l’article : Il a ajouté que le parti participe aux actions du Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR).
Après cette présentation factuelle, Mayoro Faye a répété la ligne du parti avec un mélange de sérieux et d’optimisme mesuré: il a insisté sur le respect des règles démocratiques et sur la tradition d’ouverture héritée d’Abdoulaye Wade. Le propos sonnait comme une formule rodée, destinée à rassurer les fidèles plus qu’à convaincre des indécis.
Le PDS a perdu l’exécutif en 2012 et, selon son propre responsable, cette défaite a « inévitablement affaibli l’influence » de la formation. Le secrétaire adjoint a reconnu ouvertement que « un parti qui perd le pouvoir perd aussi une partie de sa force », tout en défendant la capacité du PDS à rester structuré et présent sur le terrain. Le parti affirme compter sur une implantation territoriale et une organisation interne solides pour se maintenir parmi les forces politiques du Sénégal.
Pour évaluer la cohérence du message, il faut confronter ces déclarations à la réalité opérationnelle évoquée par les faits disponibles. D’un côté, le PDS maintient une activité publique: meetings, marches et participation au FDR. De l’autre, la perte du pouvoir a coupé l’accès aux ressources et à la visibilité administrative qui accompagnent l’exercice du gouvernement, éléments qui facilitent traditionnellement la mobilisation militante. Le parti admet la fragilité issue de 2012; c’est un aveu factuel qui affaiblit l’affirmation d’être « un des partis les plus forts ».
La stratégie annoncée, centrée sur un « nouveau projet de société » construit avec Karim Wade, se veut une tentative de recomposition. Ce choix s’appuie sur deux éléments concrets: la notoriété de la famille Wade au sein d’une partie de l’électorat libéral et la volonté de fédérer des sensibilités diverses. Comparaison oblige, le PDS ressemble ainsi à un parti qui tente de recoller les morceaux après une défaite majeure, plutôt qu’à une machine électorale en expansion. En second lieu, la tradition d’avoir gouverné en coalition souligne une dépendance aux alliances pour parvenir au pouvoir, ce qui relativise l’idée d’une force autonome et dominante.
Les indices factuels qui nourrissent le scepticisme sont simples: admission d’affaiblissement, nécessité de s’appuyer sur des coalitions, préparation d’un projet de reconquête plutôt qu’un calendrier ou des chiffres de renforcement des bases. La mobilisation de nouveaux militants n’est pas documentée par des données publiques dans l’intervention de Mayoro Faye, et l’appui sur la seule implantation territoriale reste une revendication non étayée par des résultats électoraux récents cités lors de l’émission.
En somme, le discours du PDS combine constat et ambition: constat de la défaite de 2012 et ambition d’un retour par les urnes. La tension entre ces deux pôles est visible et factuelle: le parti affirme sa force, mais admet les effets concrets de la perte du pouvoir. Pour l’instant, la trajectoire présentée ressemble davantage à une remise en ordre interne et à la construction d’un projet politique qu’à l’annonce d’une capacité électorale renouvelée et massive. Le mélange de formules rassurantes et d’aveux prudents laisse planer l’impression que l’affirmation d’être « un des partis les plus forts » est, pour l’heure, plus une déclaration d’intention qu’un constat appuyé par des preuves de mobilisation.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Sokhna Awa.
Mis en ligne : 06/06/2026
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