Madiambal Diagne : La France élude-t-elle sa responsabilité - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 24/07/2026 12:07:30

Madiambal Diagne : La France élude-t-elle sa responsabilité

Je lis avec stupéfaction les déclarations de Christine Fages, ambassadrice de France au Sénégal, affirmant que l’extradition de Madiambal Diagne relève uniquement de la justice.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Suite de l’article : Pardon, mais cette position sonne comme une esquive. Derrière les formules lisses sur le respect des procédures, je vois une réalité bien moins reluisante : celle d’une France qui, sous couvert de neutralité judiciaire, entretient un flou inquiétant. Mon avis est clair : cette affaire révèle une hypocrisie qui menace la confiance entre Dakar et Paris.

Madiambal Diagne, journaliste et patron de presse sénégalais, est visé par un mandat d’arrêt pour des faits présumés de malversations financières. Depuis son exil en France en septembre 2025, Dakar réclame son extradition. Pourtant, la justice française, après avoir reporté sa décision à plusieurs reprises, a finalement rendu un « oui partiel » en mars 2026, exigeant des compléments d’information. Pendant ce temps, le Sénégal, excédé, a suspendu toute extradition vers la France. La réciprocité, principe sacré des accords bilatéraux, est brandie comme une arme. Et je comprends pourquoi.

Christine Fages martèle que « l’exécutif ne peut intervenir ». Soit. Mais quand la justice française demande, en novembre 2025, des « garanties d’un procès juste et équitable » ou la « précision des faits reprochés » à Madiambal Diagne, on peut légitimement se demander : ces exigences sont-elles appliquées avec la même rigueur pour toutes les demandes d’extradition ?

L’ambassadrice assure qu’il n’y a « pas de cas particulier Madiambal Diagne ». Pourtant, les délais et les conditions posées par Versailles sentent le traitement de faveur. La Cour d’appel a même admis ne pas disposer « des éléments nécessaires » pour statuer une formule qui, dans le langage diplomatique, signifie souvent : « On gagne du temps. »

Premièrement, la lenteur judiciaire est un luxe que tous les États ne peuvent pas se permettre. Le Sénégal attend des réponses depuis des mois, tandis que la France se permet de suspendre l’examen du dossier sous prétexte de formalités. Deuxièmement, la réciprocité n’est pas un caprice, mais un pilier des relations internationales. Si la France refuse ou retarde l’extradition de Diagne, pourquoi Dakar continuerait-il à coopérer ?

La ministre sénégalaise de la Justice, Yassine Fall, l’a dit sans détour : « Comme il s’agit d’un accord, la réciprocité va s’appliquer. » Enfin, comparons avec d’autres cas : quand la Turquie ou la Russie demandent l’extradition de dissidents, l’Europe invoque souvent les « risques pour les droits humains ». Ici, le Sénégal, pays démocratiquement stable, se heurte à des tergiversations. Le deux poids, deux mesures est flagrant.

Je ne nie pas l’importance de respecter les procédures. Mais je dénonce une attitude qui, sous couvert de légalité, s’apparente à une obstruction déguisée. La France joue avec le feu : en entretenant le doute sur sa bonne foi, elle risque de transformer une affaire judiciaire en crise diplomatique durable. L’État de droit, c’est aussi la transparence et l’équité. Or, dans cette affaire, je ne vois que des zones d’ombre et un mépris à peine voilé pour le principe de réciprocité. Il est temps que Paris assume ses responsabilités — ou assume clairement son parti pris.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 24/07/202
6

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top