Mariage et violence : Une réalité qui dérange - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Fait divers | Par Emmanuel | Publié le 04/06/2026 06:06:00

Mariage et violence : Une réalité qui dérange

Je lis l’histoire de ce drame à Touba, et une question me hante : est-ce qu’on s’aime vraiment avant de se marier, ou est-ce qu’on le fait simplement parce que la société l’exige ?

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Suite de l’article : Comment une femme qui aime son mari peut-elle lui verser de l’huile bouillante sur le corps ? Le cas de M. Khouma, qui a gravement brûlé son époux après une dispute sur l’hygiène de leur enfant, me glace le sang. Mais au-delà de l’horreur, c’est la banalisation de la violence dans nos foyers qui me révolte.

Au Sénégal, les violences conjugales ne sont pas des cas isolés. Selon l’ANSD et la Cellule Genre du ministère de la Santé, 70 % des femmes mariées déclarent en avoir été victimes. Sept femmes sur dix affirment avoir subi une agression au moins une fois dans leur vie de couple. Ces chiffres, glaces, révèlent une réalité que beaucoup préfèrent ignorer : nos mariages sont souvent bâtis sur des obligations sociales plutôt que sur un amour sincère et une connaissance mutuelle approfondie.

Ce drame de Touba est le symbole d’un système où le mariage est trop souvent perçu comme une étape incontournable, une case à cocher, plutôt que comme l’union de deux êtres qui se respectent. M. Khouma a agi par vengeance, évoquant des violences répétées de son mari. Mais si elle l’aimait vraiment, aurait-elle choisi cette voie ? Ou bien ce mariage n’était-il qu’un contrat social, où l’affection a cédé la place à la frustration et à la colère ?

La dispute partie d’un enfant non nettoyé est révélatrice : dans nos sociétés, les femmes sont souvent jugées sur leur capacité à être des mères et épouses irréprochables. Quand ces attentes deviennent étouffantes, et que le dialogue fait défaut, la violence prend le relais.

Je ne justifie pas son acte — rien ne peut excuser une telle brutalité. Mais je pose la question : combien de mariages au Sénégal sont vraiment fondés sur l’amour et le respect mutuel ? Combien de couples se unissent par pression familiale, sociale ou religieuse, sans même se connaître ?

Dans d’autres pays, comme en France ou au Canada, des campagnes sensibilisent sur l’importance de la compatibilité émotionnelle avant le mariage. Chez nous, on parle encore trop peu de l’amour comme base du couple. On se marie parce qu’il le faut, parce que « c’est l’âge », parce que « les autres le font ». Et quand les problèmes surviennent, on les étouffe, jusqu’à ce qu’ils explosent.

Les statistiques le montrent : 22 % des femmes en union subissent des violences conjugales. Mais combien osent en parler ? Combien reçoivent de l’aide ? Trop souvent, le silence règne, et la violence devient une norme acceptée.

Je ne veux pas d’un Sénégal où l’on se marie par habitude, où l’on reste ensemble par peur du qu’en-dira-t-on, ou où l’on règle ses conflits à coups d’huile bouillante. Je veux un pays où l’on se marie par amour, où l’on construit des foyers sur le respect, et où l’on ose demander de l’aide avant qu’il ne soit trop tard.

Alors oui, je m’indigne. Parce que ce drame de Touba n’est pas qu’une histoire de dispute mal gérée. C’est le reflet d’une société qui a oublié que l’amour devrait être la première raison de se marier. Et ça, ça me fait peur.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 04/06/202
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