Le 17 juin, Naïm Qassem, chef du Hezbollah, a appelé le pouvoir libanais à tirer parti du protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis, alors qu’une cinquième session de négociations directes entre le Liban et Israël est prévue la semaine prochaine à Washington.
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Suite de l’article : Le président libanais Joseph Aoun a affirmé que ces pourparlers demeuraient indépendants de l’accord américano-iranien. Naïm Qassem a salué l’accord et a appelé à « expulser Israël », tout en réitérant que le désarmement du mouvement « ne passera pas ».
Le conflit actuel a pris une nouvelle ampleur après les tirs de roquettes du Hezbollah le 2 mars, suivis de bombardements israéliens qui ont fait plus de 3 800 morts selon les autorités libanaises et d’une offensive terrestre dans le sud du pays.
L’appel de Naïm Qassem à exploiter l’accord Iran-États-Unis et la mise en avant du « front libanais » par des responsables iraniens et américains constituent un signal factuel: le Hezbollah perçoit l’accord comme une opportunité politique et militaire. Historiquement, les actions du mouvement non étatique ont déclenché des ripostes israéliennes massives en mars, avec des conséquences humaines et matérielles lourdes, ce qui illustre le risque d’une dynamique d’escalade. À l’inverse, l’administration libanaise, incarnée par Joseph Aoun, insiste sur la souveraineté de l’État et sur le fait que « l’État libanais est maître de ses décisions et mène pour la première fois les négociations, sans que personne ne négocie pour lui. »
Plusieurs éléments concrets rendent la situation fragile. Le Hezbollah refuse les discussions qui viseraient son désarmement, demandant que cette question reste entièrement interne et exclue des pourparlers sur la frontière et la sécurité. Depuis l’annonce du protocole, le mouvement a réduit la fréquence de ses tirs, et les frappes israéliennes ont aussi diminué, mais des incidents meurtriers persistent: cinq morts ont été signalés depuis lundi par un média d’État libanais, et l’armée israélienne a indiqué qu’une attaque de drone avait blessé cinq soldats au sud du Liban, tout en interceptant plusieurs roquettes. Le Hezbollah n’a revendiqué aucune opération récente dans le sud du Liban ni contre le nord d’Israël depuis l’annonce de l’accord, signe d’une accalmie précaire plutôt que d’une désescalade définitive.
Les conséquences pour la reconstruction nationale sont tangibles au vu des destructions et du nombre de victimes: une instabilité durable complique l’accès des organisations humanitaires, retarde la remise en état des infrastructures et réduit la confiance des bailleurs internationaux. Si la rhétorique du Hezbollah s’intensifie autour de l’accord et de la nécessité de repousser Israël, elle risque d’entraver la capacité de l’État à conduire des négociations territoriales sereines et à attirer les financements indispensables. La situation oppose deux logiques comparables à un dilemme: la posture militaire d’un acteur armé qui cherche à maximiser un gain politique, et la voie diplomatique que tente de suivre le gouvernement libanais sous médiation américaine.
Le calendrier international ajoute une incertitude supplémentaire: le protocole doit être signé en principe en Suisse vendredi, ce qui peut modifier rapidement les équilibres régionaux. Les faits montrent une fenêtre d’opportunité pour réduire les hostilités mais aussi une tentation pour des acteurs de tirer parti de ce moment. Reste que l’option qui privilégie la rhétorique belliqueuse expose le Liban à une nouvelle spirale de violences et compromet la reconstruction sur le long terme, faute d’un encadrement politique clair et d’un contrôle effectif des armes. La trajectoire proche dépendra des choix concrets du pouvoir libanais et de la capacité des parties externes à stabiliser les lignes de front sans instrumentaliser la fragilité du pays.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Felix D.
Mis en ligne : 20/06/2026
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